Vous êtes prévenus
Au pays des aveugles, les borgnes sont rois.
Ceux qui ont leurs deux yeux sont regardés de travers.
Au pays des aveugles, les borgnes sont rois.
Ceux qui ont leurs deux yeux sont regardés de travers.
Interrogé sur l'affaire Sakineh, le porte-parole du ministère des affaires étrangères iranien a déclaré: "Le verdict concernant ces affaires de relations extramaritales a été suspendu et il est en cours de réexamen" et que les accusations "étaient en cours d'examen afin que le verdict définitif soit rendu".
A aucun moment, le porte-parole n'a parlé de "lapidation", faisant toujours simplement référence à la "peine capitale". Des médias iraniens ont laissé entendre que l'exécution ne se ferait pas par lapidation mais par pendaison.
(source: Le Monde.fr)
Ouf! On respire!
Que l'exécution pour "adultère" (rappel: Sakineh, veuve, aurait eu des relations sexuelles après la mort de son mari) se fasse par pendaison, change tout.
D'ailleurs, comme je l'ai entendu ce matin à la radio, certains musulmans modérés relativisent: la lapidation est principalement un châtiment "dissuasif".
Et la pendaison?
Pour adultère?!
Sphynx à tête de mort ou Acherontia Atropos.
(taille réelle)
Pour ceux qui ont fait du grec à l'école ou qui se souviennent de ce qu'ils ont appris de mythologie, le nom scientifique de ce splendide papillon est au moins aussi évocateur que son nom français.
Après avoir écrit l'article précédent (dont je vous conseille vivement la lecture avant de poursuivre celle de celui-ci), il m'est venu une idée que je m'empresse de vous livrer et qui vous donnera peut-être une meilleure image de l'intelligence de nos diplomates.
Cette idée, la voici:
Y aurait-il au Quai d'Orsay un esprit retors qui, sous prétexte d'aider la Chine à se développer en lui versant cent soixante-six millions d'euros par an (prétexte invraisemblable, vous en conviendrez: même aux Affaires Étrangères, on ne peut être aussi stupide) essaierait par des moyens extrêmement détournés de lui inoculer le germe de cette maladie bien française et même européenne qu'est la "commissionnite"?
Suivez-moi bien.
Philippe Meyer, dans sa chronique, a cité la somme de soixante-dix mille euros pour "frais de secrétariat" de cet indispensable "Conseil Franco-Britannique" que-le-monde-entier-nous-envie, selon l'expression consacrée.
Imaginez un peu combien de commissions on peut créer en Chine (où les salaires et les coûts sont nettement inférieurs à ce qu'ils sont en Europe) en partageant entre elles cent soixante-six millions d'euros de "frais de secrétariat". Plusieurs centaines, Mesdames et Messieurs!
Imaginez le nombre de colloques, de symposiums, de conférences et autres réunions auxquels pourront se livrer tous ces observatoires, agences, comités, conseils et autres structures de réflexion et de proposition.
Imaginez le nombre de rapports que ces différents organismes vont pouvoir pondre.
Et demandez-vous si cela ne va pas distraire les Chinois du travail productif.
Aide au développement? Mon oeil!
Frein au développement, plutôt!
De l'argent bien employé.
Philippe Meyer (voir sa chronique d'hier matin sur France-Culture) fait partie d'un indispensable "Conseil Franco-Britannique", (ce que le général De Gaulle appelait "un comité Théodule") dans lequel des personnalités bénévoles comparent la manière dont sont traités les mêmes problèmes de chaque côté de la Manche. Ce conseil reçevait du ministère des Affaires Etrangères une subvention annuelle de 70 000 euros pour "frais de secrétariat", subvention récemment supprimée.
Philippe Meyer n'est pas content.
Il a comparé ces soixante-dix mille euros aux cent soixante-six millions d'euros que la France a versé l'an passé à la Chine au titre de l'aide au développement.
"Aide au développement", vous avez bien lu.
La Chine se vexerait, lui a-t-on dit au Quai d'Orsay, si on interrompait ces versements.
Faire cette comparaison, c'est mesquin de la part de Philippe Meyer, moi, j'trouve.
Car, franchement, cent soixante-six millions pour que La Chine ne se vexe pas, c'est une affaire!
En Suède, on vient de découvrir dans un champ des plants de pomme de terre OGM d'une variété non encore autorisée. Il s'agit de la variété Amadea produite par BASF (dont la variété Amflora a été récemment autorisée par la Commission Europénne).
Et c'est justement dans un champ d'Amflora qu'on a trouvé des plants d'Amadea.
C'est bête, hein?
Le lobby des OGM balaie toujours d'un méprisant revers de main les arguments de ses adversaires qui mettent en avant les risques de contamination entre les variété traditionnelles et leurs semences "Frankenstein" qui voisineraient dans les champs.
Et voilà qu'ils se contaminent eux-mêmes au départ!
Ce qui pose des questions.
Serait-ce le bordel chez BASF?
Quel intérêt avait BASF de produire des semences non-autorisées et donc non-commercialisables?
Avaient-ils des informations (ou des assurances) sur une prochaine autorisation?
Jouaient-ils, ce qu'on leur reproche souvent, le jeu du "fait accompli"?
Et donc ont-ils fait exprès de mélanger Amflora et Amadea?
Je n'ose l'imaginer.
Nés ce matin.
Couvés en cachette dans un coin du potager.
Petit plaisir du dimanche matin.
Une photo paraît dans le Times. Elle représente une femme que le journal affirme être Sakineh, cette Iranienne condamnée à la lapidation. Sakineh, bien sûr n'est pour rien dans cette publication puisqu'elle est en prison.
Mais cette femme ne porte pas le voile exigé par le pouvoir iranien.
Ce n'est qu'une photo. Ce n'est qu'un journal, de surcroît édité en Grande-Bretagne. Le fils de Sakineh affirme que cette photo ne représente pas sa mère. En fait c'est celle d'une activiste iranienne réfugiée en Suède. Le Times l'a d'ailleurs reconnu et a présenté ses excuses.
Qu'à cela ne tienne! Sakineh contrevient à la loi islamique et pour cela elle est condamnée à quatre-vingt-dix-neuf coups de fouet.
La moindre des choses, puisqu'ils ont la "coupable" sous la main aurait été pour les mollahs de vérifier qu'ils ont bien condamné la bonne personne.
Mais quand la bêtise s'ajoute à la barbarie, il ne faut plus s'étonner de rien.
Quand cette bêtise devient non plus une explication mais une excuse, quand cette barbarie n'est plus un crime mais un argument, on peut s'étonner de la tolérance dont elles bénéficient.
Ou du soutien!
Oui, du soutien! Il suffit pour s'en convaincre de lire certains des commentaires postés sur les articles qui relatent cette condamnation sur les sites des journaux français (Le Monde, Le JDD par exemple).
Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
...................
La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom)
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés
....................
Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux,
....................
Ne nous flattons donc point ; voyons sans indulgence
L'état de notre conscience.
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.
....................
- Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Et bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d'honneur.
...................
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d'applaudir.
On n'osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l'Ours, ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L'Ane vint à son tour et dit :
...................
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et je pense
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.
(Jean de La Fontaine "Les animaux malades de la peste")
Encore quelques rebondissements dans cette affaire sordide et Liliane ne résistera pas.
Mais c'est peut-être ce que tout le monde espère?