Les nouvelles qu'on nous donne, ce qu'on peut en faire et en penser sans laisser passer une occasion de ricaner. Et la vie quotidienne, ses hauts et ses bas. Pas vraiment politiquement correct et rarement consensuel.
Le foot amateur se désolidarise des Bleus et du foot professionnel. La phrase prononcée par un dirigeant résume cette attitude: "Les Bleus ne représentent pas les valeurs du football".
Les valeurs! Quelles valeurs? "Le foot est l'école de la vie", entend-on aussi de la part des footeux. Vous parlez d'une école! Un jeu qui consiste à mettre un ballon entre deux poteaux, l'école de la vie? Plus qu'un autre sport? Que le tennis, le volley ou le rugby? Plus que l'école tout court?
Que d'hypocrisie! Le foot professionnel, en organisant (avec une compétence certaine, j'en conviens) des compétitions qui ne sont que des supports de publicité, en flattant le chauvinisme le plus ringard, en tolérant quand ce n'est pas en encourageant des "clubs de supporters", en s'assurant auprès des médias (la publicité encore!) un soutien complaisant, n'est que l'école de la beaufitude.
Quand on pense qu'un prix Nobel français ne fait que quelques secondes aux infos et que l'on glose à longueur d'émissions sur le moindre résultat d'un match! Et que la vie privée des joueurs avec ses côtés les plus sordides s'étale à longueur d'année dans les magazines people! On montre leurs belles voitures, on photographie leurs femmes ou leurs prostituées, on est indulgent avec leurs frasques, on annonce leurs salaires faramineux, on fait d'eux des demi-dieux à qui tout est permis, pour lesquels les gosses se passionnent et auxquels ils rêvent de ressembler.
Voilà le modèle qu'on donne aux jeunes et qu'on continuerait certainement à donner si les Bleus avaient bien figuré en Afrique du sud. Le foot école de la vie? Pas de la vie réelle qu'ils devront vivre et à laquelle ils devront se préparer en travaillant à l'école, en apprenant un métier et en respectant les règles de ce que l'on appelait jadis "la civilité puérile et honnête". Au contraire, on leur apprend la compétition et le résultat à tout prix, fût-ce au prix d'une tricherie. Qu'on se souvienne du commentaire de Domenech après la main de Thierry Henry et le "Pas vu, pas pris" de Carlita.
En voulant ressembler à leurs idoles, "les jeunes deviennent de plus en plus difficiles à gérer et de plus en plus jeunes", selon les mots d'un responsable de ligue départementale.
Les responsables du foot amateur et les bénévoles de la Fédération qui subitement se désolidarisent des Bleus, ont-ils jamais protesté contre cette entreprise qui a consisté à faire du foot ce qu'il est? Et les parents qui étaient témoins de cette dérive, n'ont-ils pas continué quand même à accompagner leurs enfants au foot le mercredi?
Les uns comme les autres sont mal venus maintenant de jouer les vierges effarouchées et de brûler ce qu'ils ont adoré et qu'ils adoreraient encore si les Bleus, aussi mal embouchés, tricheurs, bambocheurs soient-ils, avaient remporté la coupe du monde.