On n'en parlait pas ou peu mais, avec la crise, les médias ont trouvé là un sujet en or: les dirigeants d'entreprises perçoivent des rémunérations qui dépassent les rêves les plus fous de ceux qui chaque semaine vont valider leur bulletin de loto en espérant toucher le pactole promis par la Française des jeux.
Le petit peuple découvre avec stupeur qu'une classe de rapaces exploite le système et puise sans retenue dans la caisse des entreprises en toute légalité des sommes colossales sous forme de salaires, de primes, de bonus, de stock-options, de parachutes dorés, de golden hellos, de frais de représentation, d'avantages en nature, de retraites de nabab
PDG d'une société, administrateurs d'une autre, ils se cooptent, se renvoient des ascenseurs s'auto-contrôlent (ce qui veut dire qu'ils ne se contrôlent pas), toujours plus voraces, toujours plus arrogants et -on le constate- pas toujours plus compétents, loin de là.
Retranchés derrière leur bonne conscience, la plupart d'entre eux ont perdu tout sens des réalités au point de proclamer justifiés les privilèges dont ils jouissent. En cela ils ressemblent beaucoup à cette noblesse d'ancien régime dont les représentants, fiers de leur naissance qui les plaçait au dessus du peuple, n'ont cru à la Révolution qu'au pied de la guillotine.
Soutiens de tous les pouvoirs, ils ne comprennent pas les efforts des gouvernants inquiets qui tentent, pour les sauver et se sauver eux-mêmes, de les faire redescendre sur terre avant que n'éclate une révolte que certains espèrent déjà mais que beaucoup craignent encore.