Comme tous les ans la presse publie les revenus que perçoivent les patrons du CAC 40. La plupart des journalistes se scandalisent gentiment. Besancenot et compagnie font quelques déclarations reprises de manière très minimaliste et édulcorée dans les médias, la Droite sarkoziste promet que, bientôt, on va se pencher sur ce problème et le la dame du Medef fait semblant de trouver qu'on pousse un peu. Un patron consent parfois à se laisser interviewer pour proclamer que ses revenus sont à la hauteur des risques qu'il prend.
Bon.
Les journalistes se scandalisent gentiment ...
Mais pas trop car les propriétaires des organes de presse sont (et si ce n'est eux ce sont de bons copains à eux) des pontes du CAC 40. N'insistons pas.
La Droite sarkoziste promet...
C'est un de ses péchés mignons que de lancer quelques coups de gueules démagogiques. Des aboiements mais, rassurons-nous, pas de morsure.
La dame du Medef fait semblant...
C'est une habitude de dénoncer les "brebis galeuses" mais sans aller plus loin.
Un patron consent parfois...
Mais aucun journaliste n'ose le contredire et suggérer que les risques qu'il prend affectent uniquement ses salariés tant du point de vue des accidents du travail ou des maladies professionnelles que tout bêtement du chômage.
Et le bon peuple se résigne. On n'y peut rien, se dit-il.
Pourtant, la solution est simple. Elle existe déjà pour le SMIC où le M signifie minimum. Il suffit aux législateurs de voter la création d'un RMIC où le M signifierait "maximum" et le R "revenu" (pour éviter la confusion avec le SMIC et éviter de fausses joies au petit personnel). Et pas de coups tordus du genre frais de représentation, personnel de maison gratuit, séminaires ensoleillés, parachutes dorés et stock option pour initiés.
Cela augmenterait les bénéfices et donc la participation des salariés ou (au choix) d'augmenter directement les salaires.
Cela permettrait aussi de s'occuper de ceux qui restent discrets, bien planqués derrière leur PDG, Ceux qui ne sont que numéro 2, 3, 4 ou etc dans la hiérarchie et dont les revenus mériteraient quelquefois de figurer aussi dans la presse sinon dans le livre des records.
Voilà. Il suffisait de me demander.
Un dernier mot : "Ne rêvez pas!"