Les nouvelles qu'on nous donne, ce qu'on peut en faire et en penser sans laisser passer une occasion de ricaner. Et la vie quotidienne, ses hauts et ses bas. Pas vraiment politiquement correct et rarement consensuel.
On vient de découvrir (une enquête du Sunday Times) que certains responsables de la FIFA monnayaient leur voix pour l'attribution de la coupe du Monde 2018. "Situation très désagréable", avoue le président de la FIFA qui promet une enquête interne (l'enquête interne: moyen couramment utilisé dans le monde du sport qui préfère laver son linge sale en famille). La fédération d'Océanie mise en cause a accepté de coopérer mais prétend pour sa défense que l'argent réclamé devait servir à financer une "université du sport" (et arrêtez de rigoler).
Le président de la FIFA semble chercher ainsi à désigner des boucs émissaires en espérant cacher sous le tapis d'autres affaires beaucoup plus importantes sur lesquelles la police suisse (donc discrète: un pléonasme!) enquête de son côté: détournements de fonds, corruption et escroquerie et dans lesquelles son prédécesseur et lui risquent d'être directement impliqués.
Tout tourne autour d'ISL, une société fondée par un des créateurs d'Adidas à qui a été accordée par la FIFA l'exclusivité de la commercialisation des droits dérivés et des droits de retransmission. Cela représente des sommes colossales qui dépassent l'imagination.
En plus des sommes récoltées qui étaient reversées à la FIFA, cette société, pour continuer à conserver sa juteuse exclusivité, versait de généreux pot-de-vin à une poignée de dirigeants de la FIFA, ce qui permettait de prologer le contrat en dehors de l'avis du comité exécutif. On parle de plusieurs dizaines de millions d'euros au cours des vingt dernières années crédités sur des comptes en Suisse, au Lichtenstein ou à Hong-Kong (liste non exhaustive).
Hélas! La malchance a frappé deux fois.
Premier coup du sort: un très gros pot-de-vin s'est égaré en aboutissant au mauvais endroit, c'est à dire non pas sur le compte discret d'un bénéficiaire mais sur le compte de la FIFA qui, malgré ses efforts, n'a pu cacher ce transfert.
Second coup du sort: ISL, mal gérée, s'est endettée au delà du raisonnable et a été déclarée en faillite. Un liquidateur est intervenu et a, comme c'est son devoir, pour dédommager les créanciers, cherché à récupérer les sommes qui ne lui semblaient pas correspondre à des activités normales.
Le pull-over s'est vite détricoté et un juge d'instruction est saisi de l'affaire.
La question que je me pose est celle-ci: la FIFA, au même titre que Goldman Sachs, Morgan Stanley est-elle selon l'expression consacrée "too big to fail" et l'affaire sera-t-elle étouffée ou bien verra-t-on sortir du siège suisse de la FIFA quelques-uns de ses dirigeants menottes aux poignets? En d'autres termes "Y a-t-il quelque chose de pourri au royaume du foot-ball?" ou "Y a-t-il du foot-ball au royaume de la pourriture?"
Je penche pour la première hypothèse.
( Source: Le Monde.fr qui inclut dans un de ses deux articles d'aujourd'hui des extraits d'une édifiante émission d'Arte sur le sujet)