Les nouvelles qu'on nous donne, ce qu'on peut en faire et en penser sans laisser passer une occasion de ricaner. Et la vie quotidienne, ses hauts et ses bas. Pas vraiment politiquement correct et rarement consensuel.
Franciliens, Franciliennes, vous qui croyez que la vie est difficile, qui répétez que les temps sont durs, qui trouvez même que parfois vos contemporains sont trop nombreux et qui, comme Zazie, vous posez cette question existentielle: "Doukipudonktan?", vous ignorez que la cause de votre mal-être ne réside pas dans la modicité de votre pouvoir d'achat, dans les difficultés de logement, dans le chômage qui explose, dans les difficultés de circulation ou dans la pollution qui tapisse vos poumons de micro-particules mais dans ... l'absence d'un nouveau logo pour l'Île-de-France.
Il fallait la perspicacité de Jean-Paul Huchon et sa connaissance approfondie des besoins de ses administrés pour découvrir cette carence en logo, carence dont le vulgum pecus ignorait jusqu'à l'existence et prendre les mesure pour la combler.
Le Canard enchaîné nous apprend que le président de votre belle région (que je me félicite tous les jours de vous avoir abandonnée) a décidé de placer la cerise d'un logo sur le gateau de votre bonheur quotidien en consacrant une petite partie de vos impôts à la création d'une "marque territoriale commune".
Alors, heureux?
Les détails de ce "chantier structurant" fait de "rencontres du rayonnement régional", d'"enquêtes-flash" et de "partage des enseignements successifs", de "charte graphique" etc. ont quand même déjà coûté 400 000 euros. Une paille en ces temps de vaches grasses. Il était prévu d'ajouter à cette somme " deux à quatre millions" d'euros de frais de communication pour, comme dit le Canard, "populariser cette nouvelle marque". Le tout sans parler du coût de fabrication des papiers à en-tête, panneaux, cartes de visites et autres déclinaisons de l'indispensable petit chef-d'oeuvre
Las! Le projet semble abandonné "par crainte des polémiques". Venant de radins et de pisse-froid, sans aucun doute.
Le "Canard nous en fait rire ou ricaner selon notre humeur du moment.
Sans aller jusqu'à imaginer que ces sommes pétardesques sont tombées dans la poche de proches de Jean-Paul Huchon, on peut quand même se poser quelques questions sur la gestion de l'argent des contribuables (surtout quand on apprend que la Cour des comptes a récemment épinglé les dépenses de communication des collectivités locales en jugeant qu'un milliard et demi d'euros pour les seuls frais de publicité et de relations publiques, toujours d'après le Canard enchaîné, ça fait un peu beaucoup).
Et parmi ces questions, celle-ci: que peut-il y avoir dans la tête de ces politiciens hors-sol pour qu'ils en arrivent à croire que la communication peut remplacer l'action?