Alors que j'ai entendu hier que la vague épidémique était passée, que j'ai aussi entendu il y a quelques jours que les médecins libéraux étaient enfin habilités à vacciner leurs patients, Roselyne vient de m'écrire pour me dire qu'elle m'autorise à me faire vacciner contre la grippe A H1N1 (avec fac-simile de signature, s'il vous plaît). Pour bénéficier de cette autorisation, je dois me rendre au centre de vaccination "le plus proche de mon domicile", c'est à dire ... au chef-lieu du département (quarante bornes quand même! Mais un chef-lieu, c'est sacré, la preuve: ça commence par "chef" et celui qui commande a une casquette dorée). Si vous avez eu en main le même courrier, vous avez pu admirer la minutie qui a présidé à la rédaction du bon. Rien que pour cocher les cases, il faudra déjà un moment à celui ou à celle qui va me piquer le gras du bras: numéro du lot, marque du vaccin, adjuvant, antigène, étiquettes à coller). Remarquez, ça l'occupera. A moins qu'il ou elle ne se fasse aider. La création d'emploi, c'est sacré.
En plus, il est prévu le même cirque pour la seconde injection (toujours quarante bornes et autant pour le retour). La seconde injection, je croyais qu'on s'était avisé que c'était inutile, à moins que les services compétents (compétents, tu parles!) n'aient pas été informés par la ministre ou alors, Roselyne n'a pas réussi à fourguer tous ses surplus et elle essaie sournoisement de vider ses entrepôts. Comment savoir?
De la comparaison, je déduis que pour la grippe saisonnière, on voulait respecter la procédure et donner du boulot à tout le monde tandis que dans le cas de la H1N1, on ouvre le parapluie en cas "d'effets indésirables".
Comme il y a quelques semaines, j'ai reçu un courrier qui me proposait de me faire vacciner contre la grippe saisonnière, j'ai pu comparer. Dans ce dernier cas, l'administration compétente avait surtout en tête de faire circuler le papier (et le bonhomme) entre le médecin, le pharmacien et l'infirmière pour lui faire terminer sa course à la Sécu pour remboursement. Une autre manière de créer des emplois, sans doute. A chacun son style.
Mauvais Français que je suis, après un coup de fil à mon toubib favori, je suis allé chercher mon vaccin "saisonnier" à la pharmacie, Je l'ai payé de mes deniers (ce qui me coûte moins cher en carburant que de me faire vacciner "gratuitement") et je me suis courageusement injecté la chose dans la cuisse.
Et là, j'ai un doute, l'Ad-mi-ni-stra-tion ne va-t-elle pas m'en vouloir pour lui avoir gâché le métier?
On rigole, mais si c'était une "vraie maladie", vous feriez confiance à Roselyne, vous?