Eric Besson va proposer au président de la République (QGLCDST!) d'instaurer une sorte de charte des droits et des devoirs que tout jeune Français signerait à sa majorité, nous disent les médias .
"Encore un gadget!", direz-vous, influencés par la mauvaise opinion que vous avez du personnage.
Ce à quoi je vous répondrai: "Vous errez!". Non pas sur l'opinion que vous avez (n'en soyez pas si fier! vous n'êtes pas tout seul!) mais sur le jugement que vous portez sur son idée.
Car ce n'est pas un gadget, c'est une maladresse dont je me réjouis car elle permet de ricaner et d'affirmer que cette brillante idée me donne l'occasion de vous faire toucher du doigt que dans cette société qui se dit démocratique, vous n'aurez pas souvent droit à la parole.
Suivez-moi bien.
Un papier sur lequel figurent les droits dont vous jouirez et les devoirs qui vous incomberont dès que vous l'aurez signé, ça s'appelle un contrat. Or, ce contrat qu'on proposera aux nouveaux majeurs, il n'aura pas été négocié d'un commun accord mais imposé par une des deux parties dont l'une (devinez laquelle) est bien plus forte que l'autre. On peut donc supposer sans risque de se tromper que la partie en question l'aura rédigé dans son propre intérêt et que les devoirs seront lourds et les droits légers.
On peut donc aussi supposer sans aucun risque de se tromper que si, par hasard, "l'occasion, l'herbe tendre" vous amènent à négliger de remplir votre part du contrat, sachez que l'autre partie aura les moyens de vous y obliger. Si c'est elle qui néglige de faire face à ses engagements et que vous vous en plaigniez, sachez qu'elle aura les moyens de vous dresser, mon gaillard, car elle n'aime pas les fortes têtes
Moi qui ai été l'une des parties de ce qui était alors un contrat tacite que j'étais réputé avoir signé, moi qui ai le plus souvent "fait comme on m'a dit", qui ai dit "Bonjour!" à la dame, qui ai bien travaillé à l'école, qui ai fait mon service militaire où j'ai salué tout ce qui était vertical et balayé tout ce qui était horizontal, qui ai dit "Oui" au maire, qui ai élevé un nombre raisonnable d'enfants, qui n'ai fait que peu de mal et un peu de bien à mon entourage, qui ai payé des impôts, qui ai enrichi mes employeurs à la sueur de mon front et qui suis maintenant à l'âge des bilans, je me dis que si on m'avait demandé mon avis avant de s'en passer et -en plus!- de me prendre pour un imbécile, si on m'avait demandé ma signature, tout bien réfléchi, je n'aurais pas signé.
Alors à ceux qui se verront proposer ce contrat, je dis:
"Ne signez pas, les gars! De toutes façons, vous l'aurez dans l'os!"