Les nouvelles qu'on nous donne, ce qu'on peut en faire et en penser sans laisser passer une occasion de ricaner. Et la vie quotidienne, ses hauts et ses bas. Pas vraiment politiquement correct et rarement consensuel.
Sur certains sujets, mes lecteurs réagissent au quart de tour et démarrent sur les chapeaux de roues (je n'oublie pas mes lectrices dont certaines sont assez "émotives"; je ne nomme personne en particulier, l'intéressée se reconnaîtra).
Mon article d'hier a provoqué ce genre de réaction.
Une relecture s'impose pour éclairer certains points.
1) Le régime concordataire (tout le monde est passé rapidement sur ces mots) qui s'applique en Alsace-Moselle n'est qu'un des éléments des dérogations au droit commun du reste de la France et qui sont l'héritage de la période pendant laquelle cette région faisait partie de l'Empire allemand. Quand la France a récupéré ces territoires et leur population, pour que la joie des retrouvailles ne soit pas ternies par de mesquines considérations de gros sous, elle a maintenu les dispositions avantageuses dont bénéficiaient les habitants de ces régions parmi lesquelles (mais pas seulement comme me l'a fait remarquer Nettoue) le statut des cultes (à l'époque, les religions catholiques, protestantes et juives);
C'était il y a bientôt cent ans, à l'époque où la religion tenait encore une grande place dans la société. La loi de 1905 votée quand l'Alsace n'était pas française ne s'applique donc pas encore aujourd'hui et les rapports des églises et de l'Etat sont régis par le droit allemand.
Cela pose la question de l'application en 2011 du principe de laïcité car les raisons de ce statut dérogatoire ne sont peut-être plus les mêmes et ne sont peut être plus aussi valables qu'il y a un siècle.
Cela peut aussi favoriser l'installation en Alsace (de préférence à d'autres régions?) d'une communauté musulmane très organisée qui bénéficiera des dispositions favorables du statut concordataire.
2) Il semblerait que les rites funéraires musulmans, les impératifs de la religion ou les simples coutumes imposent que les défunts ne soient pas mélangés aux cadavres des non-musulmans. D'où les carrés musulmans.
Affaire de religion. Ils font ce qu'ils veulent quand ils le peuvent. Et être enterré en terre d'Islam résout tous les problèmes.
3) Mais dans le cas dont je parle, il y a une confusion ou une assimilation entre la religion et la nationalité (confusion et assimilation évidentes que l'on trouve dans le terme "arabo-musulman"). Ce qui amène certains musulmans à vouloir être enterrés "au pays" de l'autre côté de la Méditerranée. De la part de ceux qui ont gardé leur nationalité, c'est compréhensible. De la part de ceux qui ont acquis la nationalité française et l'ont souvent revendiquée de leur vivant, ça l'est moins.
Cependant, on peut toujours se dire que le journaliste de France-Inter a peut-être parlé trop vite et n'a pas fait la différence entre les musulmans français qui se font enterrer en France et les musulmans étrangers qui se font enterrer "au pays". La question est "Y en a-t-il une?".