Quand on se dit de gauche, il est de bon ton de critiquer la droite pour une foule de choses et surtout pour les solutions qu'elle propose aux problèmes auxquels doit faire face notre société. Il est encore de meilleur ton de nier l'existence de ces problèmes.
Et pour que rien ne dépasse du moule dans lequel on se coule confortablement, il faut mépriser la culture UMP dire pis que pendre de TF1 et pour finir décocher au président des insultes de cour de récréation.
A droite, on fait juste le contraire. On encense le président pour son énergie et on glorifie l'UMP pour son réalisme, on traite d'intellos ceux qui méprisent les émissions qui font de l'audience, de démagogues ceux qui critiquent les excès du capitalisme financier ou les ratés de la mondialisation et d'écolos ceux qui se préoccupent de l'environnement;.
Pourtant symétriques, comme des chiens de faïence, chacun se moque du moule de l'autre.
Et si tout ça n'était destiné qu'à entretenir la pression pour qu'aux prochaines élections on n'ait qu'une seule alternative: la droite ou la gauche, pour qu'on choisisse sans critiquer, qu'on prenne tout en bloc, au sentiment, par réflexe, "sans hésitation ni murmure", comme dit le réglement militaire? Et sans doute aussi, sans programme ni projet.
Le pouvoir sera là. Son partage se fera, comme d'habitude, sans nous.