Non! Il ne faut pas céder à la psychose de la grippe porcine qui n'est d'ailleurs pas plus porcine, m'a-t-on dit, que vous et moi. Surtout moi. Vous, je ne sais pas. Faut voir.
Donc "Il-ne-faut-pas-cé-der".
Bon, d'accord.
Les autorités me le répètent d'ailleurs suffisamment par voie de presse, de radio et de télévision. J'obéirai. Je ne céderai donc pas. Malgré les journalistes qui se pourlèchent les babines au seul mot de pandémie et les médias qui y consacrent leurs gros titres, qui accumulent reportages au Mexique sur micro-trottoirs, interviews de médecins sur photos de boîtes de Tamiflu, et qui, après avoir dit que les porcs n'y étaient pour pas grand chose, nous montrent des élevages concentrationnaires (ceux qui ont inventé ça mériteraient d'y rester en observation une dizaine de jours. On n'est jamais trop prudent).
Mais si je cédais, je me dis que ça en arrangerait bien certains. Je ne nomme personne (que Ganesh les caresse tous de sa trompe et il y a du boulot!) mais je pense que cette grippe arrive au bon moment pour me faire oublier d'autres sujets d'inquiétude.
Elle ne vous paraît pas suspecte, à vous, cette insistance à nous tranquilliser?
Et si c'était sérieux? J'ai les genoux un peu pâles. Dites-moi la vérité, Docteur, je vais m'en tirer?