Et voilà le travail! On est sur le point de régler le problème des Antilles. Encore quelques euros par-ci pour réajuster le pouvoir d'achat, quelques subventions par-là pour encourager les entrepreneurs, des déductions fiscales pour réjouir les investisseurs, des postes de fonctionnaires sur place pour embellir les statistiques du chômage, d'autres postes en métropole pour que les Antillais fassent la place aux touristes.
En espérant être tranquilles pour un temps qu'on espère le plus long possible.
Car le problème qui est posé (et qu'on devrait poser sous peine de le voir revenir à la surface périodiquement) n'est pas la politique de la France aux Antilles, mais la grève générale, les troubles qui l'accompagnent et le manque à gagner de l'industrie touristique.
Sans parler de l'ignorance volontaire dans laquelle est tenue l'opinion française qui oscille au gré des événements et des sondages entre "S'ils veulent leur indépendance, qu'ils la prennent et ils verront bien!" et "Les départements d'outre-mer sont et resteront français". Le tout avec des arrière-pensées du genre "Ils ne sont pas comme nous et si on n'était pas là, ils seraient dans la misère".
Mais surtout ce qui fait peur à Paris, c'est la montée en puissance d'une organisation qui prouve qu'elle peut faire plier la métropole.
Dans ces circonstances, le "retour à l'ordre républicain" sera une défaite du pouvoir qui a dû racheter cet "ordre" au LKP. Et qui devra certainement continuer de payer pour maintenir la paix sociale et la domination coloniale.
A quand la prochaine?
Et pour finir sur une note d'humour ministériel: "L'occupation des locaux de RFO par des militants du LKP donnera lieu à des poursuites judiciaires". C'est de Michèle Alliot-Marie.