Le débat sur les OGM est relancé avec le rapport de l'AFSA publié par Le Figaro concluant à l'absence de preuves à l'appui desquelles le maïs Monsanto 810 serait dangereux pour la santé humaine.
La clause de sauvegarde avancée par la France sera défendue à Bruxelles. "Défendue", cela veut dire qu'elle est attaquée. Par qui donc?
Par les consommateurs européens, avides de trouver directement ou indirectement dans leurs assiettes des produits fabriqués à partir de ce maïs ou des viandes provenant d'animaux nourris au Monsanto? Improbable! Il semble au contraire que dans leur immense majorité les consommateurs soient hostiles (que cette hostilité soit rationnelle ou non) aux OGM.
Par les producteurs de maïs? Peut-être s'ils pensent que la culture de ce Mo 810 augmentera leurs revenus, diminuera leurs dépenses et leur épargnera du travail. Mais à la condition expresse, compte tenu de l'opposition des consommateurs, que l'apposition sur les produits proposés aux consommateurs de la mention "contient des OGM" ou "animaux nourris aux OGM" soit facultative ou que l'on tolère qu'elle soit extrêmement discrète jusqu'à l'illisibilité. D'accord pour des OGM mais "clandestins"!
Par Monsanto? Evidemment!
La question préliminaire à poser est donc "Cui bono". Qui y a intérêt? Si le seul bénéficiaire d'une autorisation de culture est une entreprise privée, on doit se poser la question de la puissance d'une multinationale qui réussit à contraindre des états à prendre en compte ses intérêts même si ceux-ci vont à l'encontre de la volonté des populations auxquelles elles n'apportent rien.
Derrière le problème sanitaire, se pose celui de savoir qui détient le pouvoir dans notre monde au point que l'on puisse nous interdire de nous nourrir comme nous le désirons? Et cela au seul bénéfice et dans le seul intérêt d'une entreprise privée.
PS: Si Monsanto était une multinationale du porc, la communauté musulmane tolérerait-elle que l'on mette de la viande de porc ou des dérivés du porc ("graisses animales"!) dans les aliments proposés aux consommateurs sans le leur dire? Au fait, n'est-ce pas quelquefois le cas?