Contre toute attente des observateurs, la Chambre des Représentants a rejeté le plan Paulson de sauvetage des banques par injection massive de liquidités.
Mais pas contre toute attente des citoyens américains eux-mêmes, viscéralement hostiles à un plan qui donne l'impression que le libéralisme n'est plus le fondement de l'"american way of life", renforce le pouvoir de l'état fédéral incarné par le secrétaire d'état au trésor et absout implicitement les irresponsables financiers à l'origine de la crise en contraignant l'état (dans ce cas, eux, les contribuables) à combler le trou qu'ils ont creusé.
Si vous ajoutez à cela que le PDG de Washington Mutual (l'équivalent de notre caisse d'Epargne) appelé en urgence il y a moins d'un mois pour sauver l'établissement en difficulté, n'a pas réussi à éviter la faillite mais a perçu, outre son salaire, sous forme de "golden hello" et de "golden parachute" (prime d'entrée en fonctions et indemnité de départ) TREIZE MILLIONS DE DOLLARS, vous comprenez que l'homme de la rue américain soit opposé à un plan qui n'affecte en rien le monde de la finance malgré le "the party is over" de Nancy Pelosi.
A un mois du scrutin présidentiel, la Chambre des Représentants se devait de se livrer à un baroud d'honneur avant, -bien sûr et on peut l'espérer- de trouver une solution.
Quelles seront les conséquences sur l'opinion de ce vote qui risque de légitimer son exaspération? Lequel des candidats saura l'exploiter à son avantage? Le démocrate qui est "pour le peuple" ou le républicain "contre l'état"?