Les nouvelles qu'on nous donne, ce qu'on peut en faire et en penser sans laisser passer une occasion de ricaner. Et la vie quotidienne, ses hauts et ses bas. Pas vraiment politiquement correct et rarement consensuel.
Les plans de sauvetage de la Grèce imposent à ce pays une cure d'austérité bien peu populaire (c'est une litote) et une vaste opération de privatisations.
Jean-Claude Junker, le président de l'Eurogroupe déclare que la souveraineté de la Grèce en sera "très restreinte".
Il est bien gentil, Juker: c'est une évidence. Une austérité imposée par l'étranger est une restriction de souveraineté et équivaut à une mise sous tutelle.
Mais les privatisations sont pires encore: rien que pour cette année, la Grèce doit vendre pour cinq milliards d'euros d'actifs publics.
Au lieu de restructurer la dette et d'en éteindre une partie, on va obliger la Grèce à démanteler ses services publics. C'est ouvrir la porte au libéralisme sauvage, le nouveau dogme à la mode.
La participation des créanciers "sur une base volontaire" va permettre à ces créanciers qui -autant que les Grecs- portent la responsabilité de la crise, de "se payer sur la bête" et se partager ce qui est encore rentable dans l'économie grecque.
Rentable à court terme pour les investisseurs à coups de restructurations, de licenciements et d'augmentation de productivité. Et vous pensez que ça va marcher?
Les banquiers (dont certains français) seront à la tête des services publics privatisés avec comme objectif premier non pas d'augmenter l'efficacité du service et d'assurer une certaine égalité devant l'Etat mais de dégager des dividendes. La conséquence est prévisible, la société grecque risque de se délitter.
Tout ça, bien sûr, si les Grecs se résignent. Quand on voit comment ils manifestent contre leur gouvernement, comment croyez-vous qu'ils vont réagir contre des entreprises privées étrangères?
Juste pour vous mettre sur la voie: Junker a reconnu qu'il a déjà reçu des menaces de mort en provenance de Grèce.