Les nouvelles qu'on nous donne, ce qu'on peut en faire et en penser sans laisser passer une occasion de ricaner. Et la vie quotidienne, ses hauts et ses bas. Pas vraiment politiquement correct et rarement consensuel.
Manifestement, Bartolone veut faire son intéressant. Maintenant qu'on parle de remaniement, qu'on suppose qu'Ayrault est sur un siège éjectable, le président de l'Assemblée nationale se verrait bien quitter le perchoir pour devenir premier ministre.
Sauf qu'il commence son parcours par une grosse bourde: il a encouragé Pépère à engager une "confrontation" avec Angela Merkel.
Une confrontation! Rien que ça!
Bartolone espère ainsi se faire bien voir de ses amis du PS qui ne savent plus où donner de la tête et de la déclaration fracassante pour enrayer la glissade sur la pente savonneuse des sondages d'opinion.
A part se désolidariser de Pépère et de Zayrault et même de les exclure du Parti Solférinien, je ne vois pas ce qu'ils pourraient faire d'autre. Mais ça, ils n'osent pas encore.
Allez! Tout sur le dos d'Angela! Elle a les épaules larges et -encore une fois, du moins on l'espère- sortira son chéquier et pardonnera cette espièglerie.
Notez bien! Sur le dos d'Angela, pas sur celui de son parti, la CDU ni de son gouvernement ni même celui de l'Allemagne, non! Un bon bouc émissaire se doit d'être un individu, clairement nommé et pointé du doigt.
Argument de démagogue: il est facile en période de crise de dire que c'est la faute de l'autre plutôt que d'envisager les moyens de s'en sortir. Argument malsain: on flatte la xénophobie du petit peuple et on renforce les arguments des autres démagogues.
Raisonnement imbécile: on ne va pas se battre contre plus fort que soi, surtout quand on est embarqué sur le même bateau que lui et qu'il ne faudrait pas grand chose pour qu'il se décide à vous abandonner le navire, sa direction, son entretien, son équipage de bras-cassés et surtout son financement car ce qu'on ne dit pas assez, c'est que c'est l'Allemagne qui contribue le plus au budget européen.
De plus, les Allemands sont de plus en plus nombreux à penser qu'ils sont les vaches à lait de l'Europe.
Angela Merkel, si elle veut être réélue a intérêt à tenir compte de ce que pensent ses compatriotes: que si les autres pays de l'UE acceptaient de faire les efforts auxquels ils ont consenti, on n'aurait pas tant de problèmes à régler en Europe.
C'est pourquoi ils commencent à en avoir marre de payer pour se faire engueuler.
Si on veut que l'Europe signifie encore quelque chose, il ne reste plus qu'à espérer qu'une fois encore, Angela ne prendra pas Pépère au sérieux quand il "engagera la confrontation".