"On" se demande si on va faire une loi contre la burqa, "on" a lancé un débat sur "l'identité nationale". Tout ça pour ne pas poser la question de l'islam en France (et non pas de l'Islam DE France à la Sarkozy!). Car c'est l'islam qui pose problème dans l'opinion. Pas l'identité française, ni le voile intégral. Car ce n'est pas un problème de tenue vestimentaire.
Une femme peut se balader avec une coiffe bigouden ou un kimono japonais, un homme peut s'habiller en lama tibétain ou en prêtre intégriste.
On peut porter un turban ou un kilt. On peut être athée, catholique, israélite, protestant, bouddhiste que sais-je. On intriguera, on fera peut-être sourire, on agacera, on se fera même peut-être regarder de travers par quelques "français de souche" militants.
Mais on n'inquiétera pas.
En amenant à poser un problème sans poser la question, en évitant de prononcer les mots tabous tout en ne pouvant empêcher de penser à la chose, la classe politique fait preuve de maladresse.
Dernière idée de l'Elysée: réunir des "personnalités de l'Islam" pour désamorcer la bombe dont "on" allumé la mèche. C'est avouer qu'il y a un problème. Mais s'adresse-t-on aux bonnes personnes pour le résoudre? Combien d'islamistes extrémistes seront présents à la réunion?
Se méfier de l'Islam, craindre qu'il ne prenne de plus en plus de place en France, qu'avec sa stratégie de grignotage il occupe une place à part, qu'il crée -comme les protestants au XVIème siècle- un "état dans l'état" où ses règles auront la primauté sur la loi républicaine, semble être en France une préoccupation plus répandue que les médias veulent bien l'avouer sinon pour stigmatiser "l'islamophobie" qui, paraît-il, s'est manifestée dans le débat de Besson.
Dans un état qui se fonde sur la laïcité, aucune religion ne devrait poser de problème.
... il ne fallait pas poser la question.