Les nouvelles qu'on nous donne, ce qu'on peut en faire et en penser sans laisser passer une occasion de ricaner. Et la vie quotidienne, ses hauts et ses bas. Pas vraiment politiquement correct et rarement consensuel.
Beaucoup de commentateurs regrettent que la santé ne soit pas plus présente dans la campagne électorale. Quand un candidat en parle, c'est pour dénoncer le coût prohibitif pour les Français les plus modestes des soins dentaires ou des remboursements des lunettes. Il y a de quoi s'indigner, c'est vrai, et à moindre frais.
Avoir des difficultés pour payer ses dépenses de santé est un énorme problème, j'en conviens. Mais cela sous-entend qu'on pourrait quand même se faire soigner, qu'on pourrait quand même trouver un médecin ou un dentiste, consulter un ophtalmo ou un autre spécialiste.
Alors que pour beaucoup de malades, ces possibilités n'existent même pas.
Mon dentiste habituel a définitivement fermé son cabinet. Un répondeur conseille d'appeler un numéro pour connaître où se trouvent les services d'urgence. Seulement d'urgence. Les autres praticiens "ne prennent pas de nouveaux clients" ou acceptent de vous donner un rendez-vous dans quelques semaines (ou mois!).
Avoir un rendez-vous chez l'ophtalmo? Vous rigolez!
Mon médecin référent va partir en retraite comme le confrère avec qui il partage son cabinet.
Il faut dire que je ne vis pas dans une région où, pour le même prix de consultation que dans des endroits plus favorisés, un jeune médecin a envie de s'installer. Il faut le comprendre.
Vingt-trois euros avec vue sur la mer et un climat clément ou vingt-trois euros au fond d'un trou de la France profonde avec cinq mille euros par an de chauffage, que choisiriez-vous? Et ce n'est qu'un exemple. Les équipements publics, les transports, les écoles etc sont à l'avenant.
Et on ne parle pas de la qualité des soins ou de l'accueil dans les hôpitaux. Ayant dû faire un tour aux urgences (bien obligé!), j'ai eu l'impression de trouver, comme "Pinot, simple flic", "la tour de Babel dans la cour des miracles". Je ne mentionne que pour mémoire l'opération à laquelle j'ai échappé de justesse (elle était destinée à un autre malade: une erreur de fiches!).
C'est sans doute pour cela que tous les gens "qui nous veulent du bien" se font soigner au Val-de-Grâce, à l'hôpital américain de Neuilly ou se font opérer, comme Pierre Mauroy à l'hôpital militaire Percy à Clamart près de Paris.
Il n'y a donc plus de médecins à Lille? Sont-ils débordés par le petit peuple? Les hôpitaux assez bons pour vous et moi ne le sont-ils pas pour ces hauts personnages?