A Londres, se tient actuellement une conférence réunissant soixante-dix pays et qui a pour objet de définir l'avenir de l'Afghanistan. Bien sûr, on parle d'argent, de reconstruction et de tous les sujets dont se gargarisent tous les conférenciers dans toutes ces conférences. Mais l'essentiel n'est pas là. On comprend que ça va coûter du pognon. On suppose même qu'on sait qui va payer. Rien d'original, jusque là.
Cependant, il y a du nouveau. Pour la première fois et d'une manière officielle, on envisage d'associer prochainement les Talibans au gouvernement de ce pays.
Pas tous. Seulement ceux qui accepteraient de "renoncer à la violence".
On ne saurait avouer plus clairement que la guerre qui est menée là-bas a peu de chance d'être gagnée par la coalition.
Et maintenant, à quoi peut-on s'attendre?
Ceux qui refuseront de déposer le armes, continueront de tenir les régions conquises. La guerre s'y poursuivra donc pendant quelque temps avec la participation des occidentaux encore présents ou -quand ils seront partis(?)- sans eux (il y a assez d'ethnies différentes, de tribus, de chefs de guerre, de trafics et de rivalités diverses pour justifier plusieurs conflits). Dans les territoires qu'ils tiendront, ils appliqueront leur loi (on connaît sa rigueur) et abriteront des djihadistes.
Ceux qui accepteront de l'argent et des places dans la nouvelle administration et auront "renoncé à la violence", auront-ils pour autant renoncé à leur idéologie? Ne considéreront-ils pas cette "paix des braves" qu'on leur a offerte comme la reconnaissance de leur victoire ou au moins de l'impuissance de ceux qui les combattaient? Ne se considéreront-ils pas en droit de poser des conditions et d'infléchir à leur profit la politique du nouveau pouvoir? Juste un exemple: les femmes, dans ce nouvel Afghanistan, seront-elles mieux traitées que dans l'ancien?
Une chose est sûre: ils n'auront pas à dynamiter les Bouddhas de Bamiane: c'est déjà fait.