Les nouvelles qu'on nous donne, ce qu'on peut en faire et en penser sans laisser passer une occasion de ricaner. Et la vie quotidienne, ses hauts et ses bas. Pas vraiment politiquement correct et rarement consensuel.
Je vous parle de temps que les moins de cent ans ne peuvent pas connaître. En ces temps-là, le mot république voulait dire quelque chose. Et c'était très simple: la république était le régime dans lequel il n'y avait plus (ou pas) de roi. Ni d'empereur.
Il n'y avait pas de sujets mais des citoyens.
C'étaient des temps où les républicains quand on était en république, craignaient le retour d'un roi et quand ils avaient perdu le pouvoir, complotaient contre un roi ou un empereur à leurs risques et périls.
Plus tard (au début du siècle dernier) c'était le temps ou la République était fragile et où les républicains devaient lutter contre ceux qui voulaient rétablir la royauté.
C'était des temps où être républicain signifiait quelque chose et où l'idée républicaine était inséparable de l'idée de combat.
Mais maintenant?
Combien reste-t-il de bonapartistes? De bonapartistes sincères qui croient au retour d'un Bonaparte sur le trône de France? Un peu moins que de royalistes. Et parmi ces derniers combien de vrais royalistes, partisans de tel ou tel prétendant ou préférant avoir un chef d'état oint du Seigneur et non pas des nostalgiques du temps ou des Giscard pouvaient devenir vraiment d'Estaing ou des rédacteurs de Points de vue-Images du Monde désireux de trouver en France leur "actualité heureuse"?
Il y a belle lurette que la République n'est plus en danger. La démocratie abâtardie dans laquelle nous vivons ne peut plus craindre que l'établissement d'un régime autoritaire (plus autoritaire encore que le régime actuel) qui mettrait à la tête de l'état une clique conduite par un führer, un duce, un caudillo, un conducator, un lider maximo, un petit père des peuples, un cher leader, un grand timonier etc. Enfin, vous voyez ce que je veux dire.
Et même dans ce cas, nous serions encore en république comme le sont la Corée du Nord, l'Iran, la Biélorussie ou Cuba (rectification en ce qui concerne la Corée du Nord qui, quoique se disant république populaire et démocratique, vire à la monarchie héréditaire). Et des républiques comme ça, il n'y a pas grand monde pour avoir envie d'aller y planter sa tente.
C'est pourquoi le mot "république" est devenu un mot creux que font résonner les baladins de la politique comme un tambour qui rythme leurs discours (souvent creux, eux aussi).
Actuellement, tout le monde est républicain et l'idée républicaine est partagée par tous. Ce qui n'est pas le cas de la chose elle-même. Aussi, je me méfie de ceux qui se proclament républicains et dénient ce titre à ceux qui ne pensent pas comme eux. Ceux-là, au mieux essaient de nous enfumer, au pire méditent de s'approprier la république en en excluant leurs opposants. C'est avec eux que la République est en danger.
C'est pourquoi, quand j'entends le mot "république", j'ai envie de sortir mon revolver.
PS: Je n'ai pas de revolver.