A Copenhague, on s'est envoyé des dates et des pourcentages à la figure pour aboutir à un échec non seulement prévisible mais inévitable. Moins vingt pour cent par-ci, par rapport à mille neuf cent quatre-vingt dix par là, moins trente pour cent qui ne mangent pas de pain, par rapport à deux mille cinq qui ne cassent pas trois pattes à un canard. Le tout saupoudré de quelques milliards à fort tropisme helvétique qui ne seront pas perdus pour tout le monde et d'une giga-mégachiée de bons sentiments qui ne coûtent rien. Le tout avec l'objectif de ne pas dépasser un réchauffement de deux degrés (ce qui sera déjà assez pénible).
Ces chiffres n'ont servi qu'à faire croire qu'il était encore possible de faire quelque chose. Et ce ne sont pas les proclamations d'un optimisme "très raisonnable" de certains qui pourront longtemps cacher la réalité pas plus que le pessimisme "très mesuré" de quelques autres. Car c'est la réalité qu'on a voulu cacher. La réalité, c'est que c'est trop tard, que c'est foutu. Vous ne me croyez pas?
Alors suivez mon raisonnement.
Supposons pour faire simple que l'objectif de Copenhague été non pas de réduire les émissions de gaz à effet de serre par rapport à quelques années en arrière mais tout simplement de les maintenir au niveau actuel. Je sais, ce serait une catastrophe mais supposons quand même. Et voyons le monde comme il est: un système fini et fermé dont il nous faut maintenant préserver l'équilibre. A nous de jouer!
Chaque fois que la Chine construit une centrale électrique à charbon, il faut en supprimer une aux Etats-Unis.
Chaque fois qu'un Indien achète sa première voiture, il faut qu'un Britannique renonce à la sienne.
Chaque fois que le niveau de vie d'un Africain lui permet de manger un beefsteak, il faut en priver un Français.
Chaque fois que Sarkozy va passer les fêtes à Marrakech ou qu'Obama part en vacances à Hawaï, il faut ... là je n'ose même pas vous dire de quoi vous devrez vous priver.
Etc Etc Etc Etc
Tout ceci bien sûr à condition que la population mondiale n'augmente pas.
Vous croyez que c'est possible?
Vous croyez vraiment qu'on en prend le chemin?
"Mais le développement durable?", demandez-vous. "Mais la croissance verte?"
Ce à quoi je réponds "Développement durable? Croissance verte? Tiens, fume!"
Je vous souhaite quand même une bonne année.
Et comme je suis généreux je vous souhaite encore quelques années. Mais pas beaucoup.
"Bonnes, au moins?
- N'en demandez pas trop!".
Maintenant vous comprenez pourquoi les grands de ce monde continuent de se goberger. Foutus pour foutus, autant en profiter! Et ils en profitent, les bougres!