Sarko veut ré-industrialiser la France. Il a une solution et une seule: le pognon. Grand emprunt, cadeaux aux entreprises, simplification des procédures administratives (le serpent de mer refait surface!) et -c'est là que je voulais en venir- "réorientation de l'épargne vers le marché des actions".
Si les boursicoteurs veulent s'amuser à spéculer sur les "Plantations de spaghetti de la plaine du Pô" ou les "Mines de chocolat du Mozambique", c'est leur problème.
Mais ce qui risque d'arriver, c'est que les naïfs qui ont souscrit une assurance-vie sur les "conseils" de leur "conseiller financier" (conseil de base: "Filez-moi votre pognon, je toucherai ma com' et peut-être vous en rendra-t-on une partie un jour"), que les naïfs épargnants, disais-je, se retrouvent sans vraiment le savoir "petits porteurs" grâce au gestionnaire de la banque et/ou de la compagnie d'assurance qui utiliseront l'argent qu'on leur aura confié pour spéculer sur des "produits financiers".
Un petit porteur, c'est un type qui file ses petites économies à une entreprise, qui n'a aucun pouvoir (c'est réservé aux gros porteurs), qui touche parfois un dividende dérisoire (ce qui reste quand on a payé les rémunérations pétardesques, les frais de représentation, les jetons de présence, les bonus, les primes, les golden hellos, les golden parachutes et les retraites-chapeaux) et qui espère d'abord que la boîte ne va pas être trop touchée par la crise, ensuite que ses actions vont monter plus vite que l'inflation qui nous pend au nez ou au moins la compenser et enfin que les dirigeants ne vont pas mettre la clé sous la porte.
En cas de catastrophe, une fois que les gros porteurs auront retiré leurs billes et asséché les caisses à coups de golden-machins, le petit porteur s'apercevra qu'il porte seul sur ses frêles épaules le poids de la faillite du système.
Ce qui est rigolo, c'est que la CGT réclame la création d'un "livret d'épargne industrie". Pour, au nom des intérêts des travailleurs-actionnaires, mieux faire passer les licenciements économiques?
A bon entendeur, salut!