Les nouvelles qu'on nous donne, ce qu'on peut en faire et en penser sans laisser passer une occasion de ricaner. Et la vie quotidienne, ses hauts et ses bas. Pas vraiment politiquement correct et rarement consensuel.
C'est le qualificatif employé par Jim Leape directeur général du WWF pour qualifier l'accord signé à Nagoya et par notre Chantal Jouanno nationale qui croit être secrétaire d'Etat à l'écologie.
Une réussite! Voyez plutôt:
- "réduction progressive" des "subventions néfastes" pour la diversité biologique;
- augmentation sensible des aires protégées de la planète: l'objectif 2020 passe à 17% pour les terres et à 10% pour les mers;
- partage des bénéfices tirés par les industries de la pharmacie et des cosmétiques des ressources génétiques.
Oui! C'est historique mais ce n'est pas une réussite, c'est un échec. Pire encore, c'est une capitulation des protecteurs de la nature face aux lobbies.
Près de cent quatre-vingt dix pays ont adopté le texte. Mais on sait déjà que beaucoup ne l'appliqueront pas. Quant aux USA, ils n'ont jamais ratifié la Convention sur la diversité biologique.
La "réduction progressive" est un recul par rapport aux précédents accords qui prévoyaient au niveau mondial la suppression totale en 2020 des subventions aux activités polluantes ou nuisibles à l'environnement (agriculture intensive, pêche industrielle etc).
L'officialisation des "aires protégées" et leur augmentation par rapport à la surface totale de la Terre n'est que la résignation à la sur-exploitation et à la pollution de 83% des terres et de 90% des mers (déforestation, forages pétroliers au large pour ne citer que ces deux exemples).
Quant au partage des bénéfices, c'est l'officialisation du fait que ces "aires protégées" ne sont pas des "réserves" (notion déjà contestable, demandez aux Indiens d'Amérique ce qu'ils pensent des réserves) mais des "ressources" susceptibles d'être mises en valeur (mises en voleurs serait plus juste).
Et cerise sur le gâteau: "ce plan n'a pas de caractère légalement contraignant". Autant dire que c'est du pipeau.
Mais c'est une réussite, vous prie-t-on de croire. Le problème est définitivement résolu.
On se demande bien pourquoi, après un tel succès, on a jugé utile de convoquer dans deux ans à New-Delhi une nouvelle conférence.