Les nouvelles qu'on nous donne, ce qu'on peut en faire et en penser sans laisser passer une occasion de ricaner. Et la vie quotidienne, ses hauts et ses bas. Pas vraiment politiquement correct et rarement consensuel.
Il y a belle lurette que le PS a lancé avec succès une OPA sur l'écologie et que les Verts sont devenus un parti-satellite des Roses, d'où leur surnom de "pastèques" (verts dehors, roses dedans).
Pour 2012, ils ont cherché un candidat médiatique pas trop marqué politiquement et, entre Hulot et Joly, ils ont choisi Joly.
Au présidentielles, la candidate est chargée d'engranger les voix écolo-bobo pour les refiler au PS au second tour.
Pour que ça marche, il faut deux choses. Un: qu'il y ait un semblant de programme commun. Deux: que le PS réserve à son parti-frère quelques sièges bien placés et à sa présidente une circonscription avec tout le confort moderne.
Tout était en place et la combine était bien réglée quand un pépin s'est glissé dans la banane, un couille dans le potage et un os dans le fromage.
Et -horreur!- une écolo chez les Verts!
Le pépin: l'affaire du paragraphe sur le MOX, supprimé après signature par les deux parties sur intervention directe d'Areva. Il a été rétabli ensuite mais le mal était fait.
La couille: Eva Joly qui avait affirmé qu'elle serait intransigeante sur le nucléaire a mal digéré la chose. D'abord, parce qu'elle avait affirmé que sa position sur le nucléaire n'était pas négociable et que les Verts l'ont quand même négociée dans son dos; ensuite parce qu'Hollande a affirmé que le principe d'abandon du nucléaire n'était pas sa tasse de thé; enfin parce que l'intervention d'Areva dans la négociation lui est restée en travers de la gorge. Elle a eu l'impression d'être manipulée car elle s'est rendu compte qu'elle n'était là que pour le premier tour de la présidentielle, histoire de faire un peu de figuration mais que l'essentiel était le désistement en faveur d'Hollande et les quinze sièges minimum promis aux Verts (chiffre sans rapport aucun avec leur poids politiques et le nombre de suffrages qu'ils recueilleront à la présidentielle et vive la démocratie!).
L'os: les pontes d'EELV ont jeté leur masque vert pour laisser voir leur visage rose et exercé de fortes pressions sur elle pour qu'elle accepte de jouer son rôle de poupée de ventriloque et ne dise rien qui pourrait fâcher les solfériniens. Ce qu'elle a eu du mal à avaler au point de refuser ce matin de dire qu'elle se désisterait pour Hollande au second tour. "Erreur" réparée cet après-midi.
Pourquoi tout ce cirque? Parce qu'Hollande baisse un peu dans les sondages et que d'alliée lui apportant des voix au second tour, Eva Joly risque de passer au rang d'adversaire qui pourrait l'empêcher de franchir le premier.
D'où la campagne médiatique qui s'est abattue sur elle de la part de la plupart des médias de la gauche bobo-tartiniste. J'ai entendu "Eva Joly se crashe en plein vol" et ce n'est qu'un exemple. Son porte-parole s'est même payé le luxe et le ridicule (surtout le ridicule) de démissionner parce que -pour simplifier- la candidate écolo était trop écolo et pas assez PS!
Maintenant, les boulons sont serrés et Eva Joly rentre dans le rang.
Comme l'a dit Noël Mamère: elle est "notre candidate plus que jamais", mais elle doit être "entourée" et il convient de "ne pas la laisser seule dans des situations difficiles".
En gros, la surveiller de près pour pouvoir, comme sait si bien le faire Cécile Duflot, lui couper la parole si elle ne répète pas sa leçon et ne joue pas le rôle qu'on a écrit pour elle.
Conclusion: Votez Pangloss!