Après deux ans de révision (deux ans!) le porte-avions Charles De Gaulle est de nouveau à flot.
On en a très peu parlé. C'aurait été un peu bête de le crier sur les toits. Il ne fallait pas faire savoir à l'Ennemi (vous avez noté la majuscule) que nous n'étions plus protégés. Remarquez, j'aurai dû m'en douter quand j'ai constaté qu'il ne participait pas au traditionnel défilé du 14 juillet sur les Champs-Elysées. J'ai supposé qu'on l'avait envoyé en mer Rouge pour décourager les pirates somaliens d'attaquer les chalutiers qui y pêchent les derniers thons (je me suis dit que ce n'était pas très efficace) ou qu'il croisait dans la banlieue de Kaboul pour protéger les convois qui transportent l'opium du président Karzaï (là aussi sans succès).
Eh bien non! Il était au garage. Je me demande ce qu'ont bien pu faire tous les marins qui sont censés naviguer dessus. Une permission de deux ans, c'est quand même un peu long. On a dû leur trouver une occupation. Faire des photocopies au ministère de la Défense, par exemple.
Tout ça a coûté un peu plus de dix millions d'euros, me dit-on.
Et bonjour chez vous!