François Fillon vient de nous l'annoncer (on est prié d'applaudir): "La lutte contre les violences faites aux femmes est déclarée Grande Cause Nationale pour l'année 2010".
D'ici là Mesdames, tenez bon! Un peu plus d'un mois à prendre des coups, ce n'est quand même pas la mer à boire.
En 2010, donc, à titre expérimental, on va distribuer aux maris violents des bracelets électroniques et aux femmes battues des téléphones portables équipés d'un GPS et d'un système d'appel d'urgence.
A titre expérimental, ça veut dire qu'il n'y en aura pas des masses. Pour vous donner une idée, on peut dire qu'il y a de bonnes chances pour que la campagne de communication ait coûté beaucoup plus cher que le matériel distribué. Rien que les discours à organiser, les caméras à installer, les journalistes à convoquer, Michèle Alliot-Marie à trimballer de ci de là, vous n'imaginez pas le pognon qu'il faut sortir!
Mais c'est la com' qui assure les réélections pas les téléphones! Faut être logique!
Quant au côté expérimental de la chose, on nous dit qu'on va faire comme en Espagne où le système fonctionne et aurait donné d'excellents résultats. Mais bien qu'il n'y ait plus de Pyrénées depuis qu'on a envoyé un Bourbon s'asseoir sur le trône d'Espagne, la France n'est toujours pas l'Espagne. D'où la nécessité absolue de faire une expérience avec peu de matériel. Ce qui dégage un budget pour la campagne de com' et c'est là qu'on se dit que le monde est bien fait.
Chose importante: quand on parle de la violence faite aux femmes, c'est bien des femmes que l'on parle. Femme: nom féminin qui désigne la femelle du mari. Celles qui vivent dans le péché, qui ne sont passées ni devant le maire ni devant le curé sont pour l'instant exclues des dispositions de la "Grande Cause Nationale".
La preuve? On envisage ("on envisage", ça veut dire que ce n'est pas encore fait) dans le cadre de cette "Grande Cause Nationale" (je ne me lasse pas tellement c'est beau. Allez! Encore une fois: Grande Cause Nationale) d'inclure dans le nombre des bénéficiaires les pacsées et les concubines.
On imagine le dialogue: "Au secours, il me tape dessus!
- Vous êtres mariée, pacsée, concubine? Quoique nous, on préférerait que vous soyez mariée, mais bon. Cette année, c'est la Grande Cause Nationale. On essaie de faire face.
- Ben non! C'est juste mon petit ami.
- Désolé!"
Alors un conseil: mariez vous!
Mais si par malheur, Mesdames, vous vous faites casser le nez par votre voisin de palier, par votre beau-frère ou par un inconnu qui en veut à votre sac à main, tant pis! Vous attendrez la prochaine "Grande Cause Nationale".
Et bonjour chez vous!