Les nouvelles qu'on nous donne, ce qu'on peut en faire et en penser sans laisser passer une occasion de ricaner. Et la vie quotidienne, ses hauts et ses bas. Pas vraiment politiquement correct et rarement consensuel.
Plutôt que de faire l'Europe monétaire après avoir obtenu des pays voulant entrer dans l'Euroland qu'ils fassent le ménage dans leurs finances, réduisent l'économie parallèle, luttent contre le gaspillage et la corruption avant de les admettre, on a fermé les yeux sur l'état des leurs économies en espérant que la dynamique idéaliste de l'idée européenne allait encourager les mauvais élèves à plus de rigueur dans leur gestion quand ils auraient échangé leur monnaie de singe contre un euro fort adossé au mark.
La Grèce (mais elle n'est pas la seule) en a profité pour continuer comme avant avec le sentiment que les autres pays de la zone euro ne pouvaient pas la laisser tomber sous peine de tomber avec elle.
Pour maquiller ses comptes, elle a été aidée par Goldman-Sachs et quelques autres banques. L'occasion était trop belle et les commissions confortables!
Haro sur Goldman-Sachs! Mais pas sur la Grèce que -comme prévu- on va aider par des prêts dont on n'est pas certain qu'ils seront remboursés.
Deuxième occasion, donc: la crise grecque risque de s'aggraver. Les agence de notation viennent de qualifier la dette grecque au niveau le plus bas avant le passage en catégorie "spéculative". Un signal fort pour les spéculateurs qui misent déjà sur cette aggravation.
Mais ce n'est pas seulement la monnaie grecque qui est en cause, c'est l'euro. Et voici donc qu'on spécule contre l'euro que l'on joue à la baisse. Va-t-on voir des agences de notation répercuter sur l'euro ce qu'elle ont dit sur la dette grecque?
Cette Europe mal construite traverse une crise financière et monétaire. D'autres crises l'attendent car de nombreux pays ont été admis dans l'Union Européenne avant d'harmoniser avec elle leurs politiques sociales, fiscales, environnementales et douanières (ce sont ces pays qui, maintenant que les frontières ont disparu dans l'Union sont les gardiens des frontières de cette Union qu'ils ont intégrée).
Là aussi on comptait sur la dynamique communautaire. Reconnaissons aux eurocrates un certain optimisme et, à ceux d'entre eux qui tirent profit de cet vision idéaliste, un réalisme proche du cynisme.