L'économie échappe à tout contrôle. Les gouvernements ne maîtrisent plus la machine. Jusqu'à présent, on pouvait agir en dosant les interventions: laisser un peu filer les déficits, accepter un peu d'inflation, agir sur l'emploi (ou le chômage), recruter dans la fonction publique, injecter un peu d'investissement public, piloter l'épargne (élever ou abaisser les taux d'intérêt), faire varier la pression fiscale en fonction des secteurs à soutenir etc. Tout ça était fondé sur le postulat de la croissance qui comblerait les trous au fur et à mesure qu'on les creuserait et sur le mythe qui affirmait que la finance ne faisait que refléter l'économie et que la monnaie était la contrepartie de richesses.
La crise a montré que cela ne fonctionnait que si chacun jouait le jeu en acceptant les règles.
Hélas, on s'est aperçu que la finance échangeait des sommes aussi virtuelles que celles de "Second life", que la croissance était en panne, que beaucoup de "richesses" étaient des fictions, que les nouveaux déficits ne parvenaient pas à combler les anciens et que la priorité des gouvernants était de se maintenir au pouvoir et non pas de gouverner.
Résultat: un chômage en hausse, une consommation en baisse pendant que l'industrie du luxe prospère, une inflation qui s'annonce et qui réduira le pouvoir d'achat des salaires comme des retraites, une inconscience de la France d'en haut (des USA d'en haut, de l'Italie d'en haut, de la Grande-Bretagne d'en haut etc) qui continuait à afficher sans pudeur des revenus scandaleux.
Les revendications sectorielles et corporatistes n'ont plus seulement pour objet les conditions de travail et les salaires mais la recherche de la sécurité dans un monde de moins en moins sûr fût-ce au détriment de l'intérêt général et souvent contre l'intérêt général.
Ce qu'on a fait chanter à Rachida Dati dans le "lip-dub" des Jeunes de l'UMP est en train de devenir la réalité: "J'entends la révolte qui gronde".
2010 ne fait que commencer!