Les nouvelles qu'on nous donne, ce qu'on peut en faire et en penser sans laisser passer une occasion de ricaner. Et la vie quotidienne, ses hauts et ses bas. Pas vraiment politiquement correct et rarement consensuel.
Omar el-Béchir vient de confirmé en appel par le Tribunal Pénal International le mandat d'arrêt international lancé contre lui et non plus seulement pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité mais aussi pour génocide. On l'accuse d'avoir lancé les milices arabes islamistes -les Janjawids- contre les ethnies Four, Masalit et Zaghawa (noirs chrétiens ou animistes) "avec l'intention spécifique de [les] détruire en partie" .
Il est bon de rappeler que le Soudan a dernièrement participé au sommet France-Afrique de Nice. Omar el-Béchir (déjà sous le coup d'un mandat d'arrêt international) y a été représenté par son vice-président. En clair, en d'autres temps, "On" n'aurait pas voulu être photographié sous le drapeau français à côté d'Adolf Hitler mais on aurait accepté de poser à côté d'Heinrich Himmler.
Il est aussi bon de rappeler que le Soudan génocidaire fait partie de l'Organisation de la Conférence Islamique dont un des buts définis par sa charte est d'"Œuvrer à éliminer la discrimination raciale" (!!!).
Font partie de cette organisation, outre les pays arabo-musulmans dont le nom vient immédiatement à l'esprit et qui ne sont pas tous, c'est le moins que l'on puisse dire, d'ardents défenseurs des droits de l'Homme (et de la Femme), de nombreux états africains francophones et parmi ceux-ci, ceux qui vont être "honorés" à l'occasion du traditionnel défilé du 14 juillet et qui ne sont pas tous des modèles de démocratie s'ils peuvent l'être, si l'on peut dire, de corruption.
On demande donc au bon peuple d'applaudir au passage des troupes d'élite de pays qui ne sont aucunement gênés de faire partie de la même organisation que -pour ne citer que ceux-là car la liste est longue- l'Iran, la Libye, le Pakistan, le Yemen, la Somalie, le Nigeria et -bien sûr!- le Soudan.
Mais les uniformes seront propres et les rangers bien cirées.
On ne risque pas d'avoir des traces de sang sur les Champs-Elysées.
"Cachez ces massacres que je saurais voir", aurait pu dire Tartuffe.