Les nouvelles qu'on nous donne, ce qu'on peut en faire et en penser sans laisser passer une occasion de ricaner. Et la vie quotidienne, ses hauts et ses bas. Pas vraiment politiquement correct et rarement consensuel.
"Il faut sauver la Grèce", nous serinent les bons apôtres, chefs d'Etats, premiers ministres, pontes de la BCE et du FMI, spécialistes de la chose et économistes experts.
Sauvons! Sauvons! Sauvons!
Car sauver la Grèce, c'est sauver l'euro et sauver l'euro, c'est sauver l'Europe et donc l'économie mondiale. Rien de moins!
C'est aussi faire semblant de pouvoir continuer à ignorer que l'Italie, l'Espagne et la France ne sont pas en bien meilleure position pendant que les charognards de la finance continuent de s'engraisser sur leurs cadavres
Et sauver l'Europe, c'est aussi sauver pêle-mêle les banques, le pouvoir d'achat, nos économies, nos caisses de retraite, notre crédibilité, notre capacité d'emprunt, notre indépendance nationale, la croissance, la paix sociale, nos avantages acquis, l'avenir de nos enfants, notre futur et même notre lendemain.
Et surtout le pouvoir des Eurocrates
Car n'oublions surtout pas que ceux qui veulent sauver la Grèce sont les mêmes qui l'ont laissée entrer en Europe avec des comptes publics falsifiés par Goldman Sachs (qui pour cela a perçu des honoraires au lieu de se retrouver devant des juges), qui lui ont prêté de quoi distribuer à sa population des avantages et des privilèges dont nos syndicalistes les plus exigeants n'oseraient même pas rêver, qui l'ont laissée continuer à emprunter alors que la faillite se profilait à l'horizon et qui maintenant ont peur que le redressement impossible de l'économie grecque et la misère dans laquelle ce redressement risque de la plonger, provoquent des troubles politiques graves susceptibles de s'étendre aux pays voisins.
Ont-ils été des idéologues naïfs, chantres d'une Europe rêvée, paradis sur terre tellement prospère que ceux qui l'ont montée pensaient qu'on pouvait puiser dans ses caisses inépuisables par définition?
Ont-ils été des économistes incompétents, incapables de prévoir les conséquences catastrophiques de leur gestion?
Ont-ils été des gloutons qui ont pensé que plus il y avait de moutons dans leur troupeau, plus il y avait de laine à tondre?
Je ne trancherai pas.
Mais j'ai une certitude: pour continuer mon voyage, je ne fais aucune confiance au chauffeur du car qui nous a foutus dans le fossé.