Je parle des négociateurs qui ont fait du sommet de Copenhague un fiasco dont la planète et donc l'humanité ne se relèveront pas. Les commentateurs dénoncent leur lâcheté, leur refus de décider d'objectifs chiffrées, de délais, de contrôles et de contraintes. Les grands de ce monde sont indécrottables et ne valent même pas la corde pour les pendre. Et les petits non plus. Voilà l'opinion qu'on nous prie de considérer comme générale.
Eh bien non! Ils n'ont fait qu'obéir à la volonté des peuples.
Supposons que Copenhague ait été un succès.
Imaginons maintenant la mise en oeuvre de cet accord. Sarkozy, dès son retour en France, décide (ce ne sont que des exemples):
- limitation de la vitesse sur autoroute à 100 km/h avec sanction dissuasives en attendant d'interdire la fabrication d'automobiles dépassant cette vitesse;
- interdiction de manger de la viande plus de deux fois par semaine;
- interdiction des "sports mécaniques";
- interdiction de chauffer (comme hier) les pelouses de stades de foot;
- interdiction d'importer de fruits et légumes du bout du monde;
- plus d'allocations familiales à partir du troisième enfant;
- plus de neige artificielle dans les stations de sports d'hiver;
etc etc
Et je ne cite que des mesures concernant directement le petit peuple. Oublions la haute politique, la "croissance verte" (!) et le "développement durable" (!).
Imaginons qu'Obama, Merkel, Brown fasse de même. Ont-ils des chances d'êtres réélus?
Imaginons que dans chaque pays, l'opposition propose de telles mesures, aurait-elle un espoir d'arriver aux affaires?
Imaginons que, dans les pays "en voie de développement", le chef d'état revienne de Copenhague en disant: "Je sais que nous sommes dans la misère mais jusqu'ici j'ai pu vous promettre qu'un jour vous atteindrez le niveau de vie occidental. Oubliez tout ça. Je me suis engagé en votre nom à ne même plus vous en faire rêver".
Et maintenant, imaginez la suite. Et demandez-vous si les négociateurs de Copenhague n'ont pas, tous comptes faits, exprimé la volonté de leurs peuples.