A l'issue de leur rencontre de ce matin, Christine Lagarde a renouvelé "sa pleine et entière confiance" à Didier Lombard qui, fait-elle dire, a réussi à la convaincre qu'il réussira à enrayer ce qu'il a malencontreusement appelé "la mode du suicide".
Quand donc arrêtera-t-on cette mascarade?
Car c'est bien sous l'autorité de l'Etat, actionnaire principal de France-Télécom, que Lombard et ses prédécesseurs ont élaboré et mis en oeuvre sa restructuration féroce.
Avec cette déclaration, la ministre croit exonérer le PDG et avec lui l'Etat de toute responsabilité relativement aux vingt-quatre morts de ces derniers mois. On efface tout et on tourne la page. On oublie le passé. Circulez! Y a rien à voir!
Se plaindre serait presque une faute de goût ou, au moins, un signe de mauvaise éducation.
Est-ce de la naïveté ou du cynisme?
En réalité, avec cette déclaration, elle ne fait qu'endosser un peu plus de responsabilité. En "renouvelant sa confiance", elle assume à la fois le passé et l'avenir. Qui peut dire ce que sera cet avenir?
Et, puisqu'on ne peut imaginer que dans une affaire d'une telle gravité, elle n'ait pas agi avec le plein accord du premier ministre et du président de la République, c'est à tous les trois et pas seulement au PDG et à son équipe que les familles des victimes pourraient être amenées à demander des comptes.