Le bénéfice du RSA va s'étendre aux jeunes de moins de vingt-cinq ans, nous annonce Sarko. Avant, les jeunes, ils se débrouillaient sans. Comment? "Veux pas le savoir!", répondait-on en haut lieu.
Maintenant, ça change. Martin Hirsh est arrivé-é-é, sans s'presser-é-é.
Bon, on ne va pas leur filer du pognon comme ça, ce serait trop simple, non, on va, comme d'habitude en France, construire une petite usine à gaz rien que pour eux. Seuls auront droit à ce RSA "jeunes" ceux qui, au cours des trois années écoulées auront travaillé deux ans à plein temps ou à deux tiers de temps pendant ces trois ans. On ne dit pas quels seront les droits de ceux qui auront travaillé un an à plein temps et à mi-temps les deux autres années ni de ceux qui auront fait des heures supplémentaires mais pendant moins de deux ans. Un oubli, sans doute.
On ne dit rien du cas de ceux qui galèrent depuis moins de trois ans. On en est réduit à espérer qu'ils tiendront le coup encore un peu.
On ne dit pas non plus quelles critères tordus on va trouver pour réduire au minimum le nombre des heureux bénéficiaires.
Quant à ceux qui n'ont pas trouvé de boulot ou qui n'en ont pas trouvé assez, hé bien! Tant pis pour eux. Ils n'avaient qu'à travailler.
Comme je l'ai entendu ce matin, ce truc a été imaginé "pour encourager les jeunes à travailler". Curieux raisonnement! Cela revient à récompenser ceux qui se sont débrouillés, ont eu de la chance ou le bon diplôme et on prive de RSA ceux qui n'ont pas trouvé assez de petits boulots, de missions d'intérim ou de CDD, c'est à dire ceux qui auraient le plus besoin d'être aidés.
Mais l'essentiel est d'en parler. Et on en parle. La droite égrène les poncifs sur "la jeunesse assistée", le "rôle de la famille". La gauche trouve que "le compte n'y est pas". Rien d'original, comme vous voyez.
Il n'y a que Pierre Méhaignerie qui se distingue par une lapalissade: "Il faut soutenir l'idée de donner le RSA à ceux qui ont travaillé deux ans en CDD ou en intérim, ce sont les premières victimes du chômage et des licenciements".
Rigolez pas! C'est quand même le rapporteur de la commission des Affaires Sociale de l'Assemblée.