L'Etat va accorder quatre-cent cinquante millions d'euros par an à France Télévision pour compenser la suppression de la publicité après vingt heures. Elle a aussi accordé à TF1 l'autorisation d'une seconde coupure publicitaire dans les films de la soirée. Mais ça, c'était juste pour faire plaisir à Bouygues.
Hé bien, les chaînes privées ne sont pas encore satisfaites: TF1 et M6 viennent, au nom de la sacro-sainte concurrence de saisir la Commission Européenne pour qu'elle interdise à l'Etat de verser ces quatre-cent cinquante millions.
Placer l'Etat et le privé sur le même plan est une aberration. Que la Commission européenne accepte d'examiner ce recours montre à l'évidence que d'une part l'ultra-libéralisme est en pleine santé (physique, pas mentale!) et d'autre part que la Commission utilise tous les prétextes pour intervenir dans la gestion des pays de l'Union.
Pourquoi, à ce compte-là, les cliniques privées n'introduiraient-elles pas un recours contre les hôpitaux publics, les établissements d'enseignement privé contre l'Education Nationale ou les compagnies d'autocars contre la SNCF au motif qu'hôpitaux, écoles et trains bénéficient de fonds publics?
Trop d'Europe risque de tuer l'Europe!