Eric Woerth fait les gros yeux. Il a les noms! Les noms de trois mille Français qui ont un compte dans certaines banques suisses pour un montant total de trois milliards d'euros, soit une moyenne d'un million d'euros par fraudeur. Des riches, certes, mais des "petits riches".
Car trois milliards, c'est une broutille comparés aux quarante milliards auxquels on estime la fraude fiscale annuelle. Les gros riches ont planqué leur pognon ailleurs, dans des "trusts", des "fondations", dans des paradis encore plus opaques que la vaillante et discrète Helvétie. Un exemple: le secret-défense a-t-il été levé à propos du compte que Chirac aurait au Japon?
Combien de commissions occultes, de pot-de-vins et de dessous-de-table y a-t-il dans ces trois milliards? Combien d'argent sale provenant de trafics, de délits divers et même de crimes? Vous croyez qu'elles vont être rapatriées ces petites économies de la France laborieuse et de l'économie parallèle?
Heureusement, Eric Woerth accorde un délai: les fraudeurs ont jusqu'au trente-et-un décembre pour faire transférer leurs sous aux Iles Caïman. Pourquoi pas dans une filiale de la BNP-Paribas?
Que ceux qui ont la désagréable impression qu'on se paie leur tête, se rassurent: ce n'est pas qu'une impression.