Dans un précédent billet, j'ai émis l'opinion selon laquelle, la presse féminine véhiculait une idéologie totalitaire. Je précise qu'elle la véhicule, elle ne la crée pas. Elle ne fait que la formaliser non seulement en donnant à voir les modèles auxquels il faut ressembler mais aussi en proposant les moyens d'y parvenir.
Cette idéologie définit la féminité à partir d'apparences et de comportements codifiées, c'est à dire en faisant des caractères sexuels secondaires, non pas des éléments naturels de l'anatomie mais des artefacts et donc des contraintes. Rien de nouveau là-dedans. Cela est arrivé ailleurs et dans le passé: les corsets, les pieds bandés des chinoises de la haute société ou les chaussures à talons aiguille de l'époque actuelle ne sont que des exemples parmi de nombreux autres.
La nouveauté réside dans les moyens que notre société actuelle met à la disposition de la diffusion de cette idéologie et dans le fait qu'elle s'adresse à l'ensemble de la société. La presse mais aussi la télévision, le cinéma et -bien sûr- la publicité concourent à définir les normes de la féminité et à exercer une pression permanente sur celles qui regimbent quel que soit leur statut social ou leur âge (Renard, a souligné dans un commentaire du précédent article que la poupée Barbie participait de cette diffusion des normes auprès des petites filles).
Et voilà pourquoi j'ai employé le mot "totalitaire".