Ségolène a fait un "chantage à la subvention" à Jean-Louis Foulquier pour que le rappeur Orelsan ne se produise pas aux Francofolies de La Rochelle. "Sale pute", la "chanson" (guillemets de rigueur) a l'origine de l'affaire a été perçue comme une apologie de la violence faite aux femmes et, pour l'avoir entendue, je ne peux pas dire qu'elle prône l'amour courtois. Il pouvait même sembler opportun à certains d'en interdire l'exécution publique si les autorités compétentes (le préfet par exemple mais certainement pas Ségo) estimaient qu'elle risquait de causer un "trouble à l'ordre public". De là à empêcher Orelsan de monter sur scène, il y a un fossé. D'autant plus, dit-on, qu'il n'envisageait pas d'interpréter la chanson controversée.
Interdire une chanson est une chose, interdire un chanteur en est une autre. Il semble que Ségolène ne fasse pas une différence pourtant énorme
Rappelons que l'on peut sans peine trouver les oeuvres du Marquis de Sade dans les librairies, que Sardou proclamait dans une chanson "J'ai envie de violer des femmes", que le rap américain en a fait des pires (c'est vrai, les amateurs ne comprennent pas les paroles) et que quand on commence à censurer, il faut savoir ce que l'on fait. Il y a du pain sur la planche pour le bureau de censure du Conseil Régional de Poitou-Charentes.
Si elle a obéi à son premier mouvement, Ségolène a encore perdu une excellente occasion de se taire, pourrait-on penser. Si, en revanche, elle a mûrement réfléchi avant d'agir et qu'elle s'est estimée en droit de faire pression sur Foulquier, elle a commis une faute politique.
Dans le premier cas, c'est inquiétant venant de quelqu'un qui aurait pu être à l'Elysée; dans le second, c'est grave.
Enfin, quelqu'un qui n'arrive pas à établir un programme électoral convaincant est très mal venu de se préoccuper de celui d'un festival de chansons. A chacun son boulot!