La France est fauchée. Mal gérée depuis de décennies, accumulant, comme le dit Fillon, les "déficits structurels", elle vient de s'apercevoir qu'il devient de plus en plus difficile de faire illusion non seulement auprès de la communauté internationale mais vis-à-vis de sa propre population. Elle n'a plus un rond. Il faut bien le reconnaître. Pire, elle a des dettes qui commencent à faire douter de sa solvabilité ou du moins de son redressement. Et Sarko (Que Ganesh l'évente de ses oreilles car la canicule menace!) est bien obligé de l'avouer: "Les caisses sont vides".
Dans d'autres pays, cet endettement serait peut-être supportable. Les ressources naturelles ou la saine gestion de l'économie pourraient y laisser espérer un redressement après la crise (!!!). Pas en France où la priorité a toujours été donnée au gaspillage.
Alors, il faut trouver des sous. Des gros. Et calmer un peu l'inquiétude et peut-être le début d'une contestation dans l'électorat UMP.
La solution: un emprunt public attrayant pour l'épargnant et impliquant pour l'électeur. Attrayant, on va s'y employer. Au détriment sans doute de ceux qui ne pourront pas souscrire et qui devront quand même rembourser et payer les avantages offerts aux souscripteurs. Impliquant car ces mêmes souscripteurs ne pourront plus souhaiter l'échec de la politique gouvernementale. Au contraire! Qui serait assez fou pour souhaiter la faillite de son débiteur?
Et c'est ici qu'on entre dans l'absurde: on ne fait pas des projets qu'on envisage de financer par l'emprunt, non! On lance un emprunt et après on se demande ce qu'on va bien pouvoir faire avec les sommes recueillies. Encore des "réunions de concertation" en perspective et des saupoudrages auxquels il faudra consentir pour assurer la paix sociale et garantir des réélections futures!
Bon. Le pognon on va l'avoir. Du moins, on l'espère. Au besoin on complètera sur les marchés financiers pour qui le fait que les Français ont encore un reste de confiance dans l'Etat sera un argument en faveur de la rentabilité de la chose.
Il reste à espérer que les Français qui refusent cet emprunt ne seront pas obligés d'y souscrire par la bande, c'est à dire par leur banque, leur caisse de retraite ou leur compagnie d'assurance.
Car ce qui fait douter du succès de l'opération, c'est qu'avant même que l'on en connaisse les détails et qu'on émette des critiques, Fillon (tant pis pour lui s'il transpire, Ganesh est occupé ailleurs!) nous assure que l'argent sera affecté à "des investisements d'avenir" et non pas à un "nouveau plan de relance". Moi, je me dis que la relance serait déjà un moindre mal quand j'entends ce que la presse donne comme exemple d'investissement d'avenir. A part la croissance verte qui n'est citée que pour faire joli dans le tableau, on parle, entre autres choss, de "rénovation des prisons" et par voie de conséquence de marchés publics pour les entreprises du BTP.
Des prisons rénovées, voilà l'avenir qu'on nous promet et dans lequel on va investir.
Mais, rassurons-nous, il y a de grandes chances pour que tout ça se termine en eau de boudin car ceux qui veulent nous sortir de la crise sont ceux qui nous y ont plongés. Pourquoi réussiraient-ils demain là où ils ont échoué hier? Pourquoi auraient-ils subitement le courage et l'intelligence politiques qui leur ont manqué jusqu'ici?
Quand je vois Fillon, j'entends Bourvil: "L'alcool, non! Mais l'eau ferrugineuse, oui!".