Notre président (Que Ganesh le caresse de sa trompe et que ses tapis rouges soient semés de pétales de roses) est, disent les flagorneurs qui ont cependant une carte de presse, les mêmes que ceux qui disaient que Villepin était "flamboyant" (Proust, tiens-toi bien, pour les incises, je suis imbattable!), notre président, disais-je, (Ça va? vous suivez) est un "orateur". Pourquoi? Parce qu'il est avocat. Ah, bon?
Ce doit être pour ça qu'il fait écrire ses discours par ses conseillers: des gens qui manient le "Grévisse" et le "Robert" comme Schwarzy maniait la fonte et qui doivent donc être sacrément musclés. Il paraît même qu'en ce domaine ils sont bien meilleurs que lui, ce qu'on veut bien croire. Jugez-en par cette phrase extraite, parmi d'autres de même farine, du discours d'aujourd'hui et lue scrupuleusement et sans lever les yeux de son papier par notre président qui n'allait pas jusqu'à suivre avec son doigt mais tout juste:
"A quoi pensaient-ils, ces jeunes hommes dont le destin avait mis entre les mains ..."
Il y a un siècle, l'auteur de cette phrase n'aurait pas eu son certif'. Maintenant, il doit avoir une peau d'âne de luxe.
Corrigé pour ceux qui n'auraient pas suivi: " ... ces jeunes hommes entre les mains desquels le destin avait mis ..."
"Ce qui se conçoit bien ..." comme disait l'autre. Dois-je penser que ceux qui nous gouvernent conçoivent mal?
PS: Le premier ministre du Canada qui a prononcé un discours en anglais et en français, a parlé sans notes, lui.