D'accord, ils ont tous les doigts crochus, ils se votent des primes et des bonus, des salaires pétardesques et des golden-machins pour un oui ou pour un non. Si ça se trouve, même quand ils vont pisser, ils ont droit à un petit quelque chose. Ils s'attribuent des stock-options et des actions gratuites. Ils touchent des dividendes (même gratuites les actions génèrent des dividendes). Ils ont des jetons de présence (assister à un conseil d'administration, ça rapporte). Ils ont des notes de frais et des avantages en nature. Certains ont en plus les doigts poisseux et c'est vraiment sans le faire exprès qu'ils n'arrivent pas à lâcher l'argent qu'ils manipulent. Les mauvais esprits suggèrent même que leur train de vie princier ne s'explique que par un abus systématique de biens sociaux. Malgré le bouclier fiscal qu'on leur a fabriqué sur mesures, ils mettent de l'argent au Lichtenstein. Au cas où. Tous, plus ou moins. Et les "moins" ne rêvent que d'une chose: quitter leur boîte pour aller diriger une société où on leur permettra "plus".
Mais le champion toutes catégories, c'est Bouton qui préside "non-exécutivement" la Société Générale. Pourquoi est-il "non-exécutif"? Parce qu'après l'affaire Kerviel, Sarkozy a poussé un semblant de coup de gueule et qu'on lui a retiré une partie de ses attributions. "Attributions"! Comme on dit chez les journaleux "ça ne s'invente pas".
Lui, c'est le vorace de formule 1, le glouton olympique, le type que si tu surveilles ton porte-monnaie, il te pique ta montre, qui joue ton pognon au casino, qui le perd mais n'hésite pas à prendre sa commission au passage.
Il s'est déjà publiquement fait moucher plusieurs fois et pas plus tard qu'il y a quelques jours par la ministre des Finances en personne qui trouvait quand même que ça manquait de discrétion toute cette histoire. Piquer dans la caisse, oui. Le faire avec tant d'impudence, non.
Et j'apprends aujourd'hui que ce Glouton a passé une partie de son temps pendant les heures de bureau à se concocter un système de retraite très spécial (dont une partie "surcomplémentaire" payée par la banque) dont le résultat se traduit par une somme d'environ un million d'euros par an en bas de la feuille.
Je ne vois que Bernard Madoff à qui le comparer. Sauf que Madoff est déjà en prison, lui.
Ceux qui ont encore un compte à la Société Générale n'ont que ce qu'ils méritent.