Dans le Maine-et-Loire, notre président (que Ganesh le caresse de sa trompe!) a fait un tabac devant des agriculteurs dont la dépêche AFP nous dit qu'ils appartiennent à une catégorie "généralement considérée comme favorable à la droite" en défendant une "agriculture de production".
Ici, une traduction est nécessaire car certains termes ne sont pas utilisés pour être compris de tout le monde (sinon les gens protesteraient) mais pour "envoyer un signal fort" à quelques initiés.
Une agriculture de production est une agriculture qui reçoit des subventions au rendement et non pas à l'hectare. Vous voyez tout de suite ce qu'elle "produit ": Essentiellement des céréales et des oléagineux dopés au Monsanto,
Il suffit de parcourir les grandes régions de culture où l'on voit à perte de vue des centaines d'hectares de maïs, de blé, de colza etc pour constater qu'on n'est pas à la campagne mais dans une exploitation industrielle à ciel ouvert.
Le baratin qui présente les exploitants agricoles comme des paysans "gestionnaires et conservateurs du paysage" est une foutaise. Dans ces régions, les champs sont labourés au ras des routes et rien ne vit sur ces immenses surfaces. Si quelque animal y survit, c'est une erreur! On voit plus de faisans et de perdrix sur le bas côtés des routes où ces pauvres bêtes cherchent leur pitance sur les quelques talus épargnés par les faucheuses que dans les champs. Pourquoi les faucheuses? Pour "faire propre" mais aussi et surtout pour éviter que des herbes folles ne puissent faire des graines qui iraient "contaminer" les cultures voisines. Des coquelicots dans les champs de blé! Quelle horreur!
Un président aussi résolument de droite qui soutient des agriculteurs aussi explicitement de droite ne peut faire qu'une politique agricole de droite. Ce qui a pour conséquence de nous faire des paysages de droite et de remplir notre assiette de bouffe de droite. Bon appétit!
Quant aux vrais paysans, on les laisse montrer leurs moustaches et leurs casquettes une fois par an au Salon de l'Agriculture. Histoire d'amuser les Parisiens et de donner un petit goût du terroir à la FNSEA qui, vous l'avouerez, en a bien besoin.
Le Roud-up sera donc gouleyant cette année "avec une note de fruits rouges et de banane".
Et bonjour chez vous!