Les nouvelles qu'on nous donne, ce qu'on peut en faire et en penser sans laisser passer une occasion de ricaner. Et la vie quotidienne, ses hauts et ses bas. Pas vraiment politiquement correct et rarement consensuel.
Voilà des jeunes gens qui ont très-très bien travaillé à l'école et qui se sont fait suer (mais vraiment suer) dans les cours rébarbatifs de mathématiques financières (MathFi pour les initiés), tout ça pour devenir "traders", pour pouvoir entrer dans la salle des marchés d'une banque et jouer avec des masses de pognon contre d'autres surdoués de la finance jouant dans d'autres banques et -au passage- de s'en mettre plein les poches en salaires, commissions, primes et bonus.
Et qu'est-ce qu'on leur dit?
Que ce sont leurs rémunérations excessives qui ont "conduit à la catastrophe que l'on sait" (Sarko dixit). Et donc, à la demande des "pouvoirs publics" et avec la complicité de leurs patrons (la Fédération Bancaire Française), on va leur coller un "code éthique" dans les gencives pour leur apprendre à nous avoir mis dans la panade.
Petits salopiauds!
Et comme ça, ça calmera peut-être les pauvres qui commencent à grommeler et même à défiler en disant des choses désagréables. On va leur donner quelqu'un à haïr et nous, on aura quelqu'un à punir. Pas les vrais responsables, surtout pas! Seulement leurs employés.
C'est pas une belle "boucémissairisation", ça? Bravo, l'artiste! (je suis assez content de ce néologisme).
Rappelons quand même quelques évidences:
Ces traders, ils ne sont pas rentrés par la force dans les banques, ils n'ont pas installé subrepticement des salles de marchés dans les sous-sols, on les a autorisés à parier au nom de leurs entreprises et même on les y a encouragés par des rémunérations pétardesques. Ils ne l'ont pas volé, leur argent, on le leur a donné.
Ce sont les patrons des grandes banques qui, en peu de temps, se sont aperçus qu'en transformant la finance mondiale en casino, en spéculant ou -pour mieux dire- en pariant sur tout et n'importe quoi, ils pouvaient essayer de se partager une partie plus importante de la croissance mondiale que celle à laquelle leur donnaient droit leurs investissements ou les crédits qu'ils accordaient. Au détriment, bien sûr, c'est le jeu, de ceux qui perdaient leurs paris. On nous montre Jérôme Kerviel qui a perdu. On ne nous dira jamais qui a gagné.
De l'argent sans mise de fonds (c'est l'argent des clients) sans effort, sans production, sans matières premières, sans syndicats, sans conflits sociaux etc. Comme au casino avec quelques zéros en plus. Le rêve du capitaliste!
Hélas! C'est la crise. On doit faire des exemples. Et tant pis pour les traders. On va réduire, limiter, modérer leurs primes et autres bonus. Mais on va les garder.
Ce qui signifie que les banques ont l'intention de continuer à spéculer.
"Code", certainement. Mais "éthique", il ne faut pas pousser le bouchon trop loin!
L'éthique n'a rien à faire là-dedans. La morale non plus.
On se contenterait d'un peu de moralité.