Pour ne pas faillir à sa tradition prestigieuse, le Dakar a encore fait deux morts. Le culte de la bagnole atteint des sommets dans la bêtise meurtrière. Organisateurs, concurrents, simples pékins qui passaient par là, cinquante-quatre personnes sont mortes depuis 1979 pour que Gérard Holz fasse aujourd'hui son intéressant devant la caméra (et le caméraman, on ne lui a pas fourni une tenue de baroudeur à lui?).
Que France-Télévision nous offre (ou nous impose) ce spectacle imbécile dépasse mon entendement. C'est aussi passionnant à regarder que le Vendée Globe. C'est dire! Le seul intérêt de la chose, ce sont les accidents. Heureusement pour les voyeurs malsains.
Ces accidents graves sont si fréquents et pas seulement parmi les concurrents qu'on en arrive à se demander si ça ne coûterait pas moins cher en argent et en vies humaines d'organiser en France de vrais combats de gladiateurs au cours desquels certains spectateurs passionnés auraient le droit (à leurs risques et périls) de descendre dans l'arène pour regarder de plus près ferrailler les vedettes. En acquérant (s'ils ont de la chance) le statut de victimes collatérales, ils participeraient à cette "épopée du Dakar" et auraient leur nom inscrit sur une plaque portant cette fière devise: "Aux peigne-cul, l'industrie automobile reconnaissante".
Vous l'avez compris, le Dakar, ça m'énerve.