Les nouvelles qu'on nous donne, ce qu'on peut en faire et en penser sans laisser passer une occasion de ricaner. Et la vie quotidienne, ses hauts et ses bas. Pas vraiment politiquement correct et rarement consensuel.
Polémique sur la réforme de l'audio-visuel. Il faut reconnaître que c'est un bon moyen d'embêter Sarkozy et de mettre l'UMP mal à l'aise. Un bon moyen aussi pour les opposants de se draper dans leurs principes républicains, démocratiques, populaires, laïcs et .... (bien sûr) anti-dérapants. Pourquoi anti-dérapants? Pourquoi pas? Et puis ça ne mange pas de pain.
Tout y passe, des "cadeaux" à TF1 ou M6 à un audio-visuel "à la botte de Sarko". Arguments épidermiques, propres à provoquer chez ceux qui les entendent un réflexe pavlovien. Directement de l'oreille à la moëlle épinière sans passer par le cerveau (qui reste ainsi "disponible" pour etc etc).
Alors, allons-y:
1) La Publicité
- La suppression de la publicité va priver l'audio-visuel public de ressources indispensables à sa survie?
Où donc est-il écrit qu'un service public doit vivre de la publicité? Si l'audiovisuel est un service public d'information, d'éducation, de culture et de divertissement de qualité, il est dans son esprit assimilable au service public de l'Education d'où toute publicité est bannie.
- La suppression de la publicité entraînera une baisse de qualité?
A la télé les publicitaires s'adressent au plus grand nombre pour vendre des produits de grande consommation. Il ne veulent pas qu'il y ait une trop grande différence de niveau entre leur discours et le niveau "culturel" de ceux qui regardent les émissions à côté desquelles ils achètent de l'espace. Et donc les chaînes ont intérêt à programmer des émissions au niveau des pubs et on le leur fait comprendre. C'est la pub qui fait baisser la qualité à son niveau.
- La publicité qui quittera l'audio-visuel public se reportera sur les chaînes et stations privées?
Et alors? C'est leur métier. Elle se reportera aussi sur les sociétés d'affichage, sur la presse écrite, sur internet etc. Pourquoi le service public ferait-il concurrence au secteur privé? Concurrence déloyale puisqu'une partie de son budget provient actuellement de fonds publics (la redevance). De toutes façons, vous la payez la pub : elle est comprise dans le prix du produit que vous achetez.
2) Télé Sarko
Il faut une certaine dose de naïveté pour croire que la télé de service public peut être indépendante du pouvoir. Tous les présidents ont eu une télé à leur botte. Certains l'ont fait avec humour et sans s'en cacher comme De Gaulle; d'autres ont posé cette tutelle en principe comme Pompidou et sa "voix de la France"; Giscard s'y invitait avec sa petite famille pour nous expliquer le "bon choix", ni Mitterrand ni Chirac après lui n'ont en rien desserré la laisse. Au moins Sarkozy est moins hypocrite.
L'indépendance des journalistes vis-à-vis du pouvoir ou des politiciens "officiels" qui veulent passer à la télé? Combien de fois avez-vous entendu ces phrases: "Je vous remercie d'avoir répondu à notre invitation" ou "Merci de nous accueillir"? Alors qu'il aurait fallu entendre: "Comme vous nous l'avez demandé, nous vous recevons dans cette émission" ou "Nous avons encore une fois répondu à votre convocation".
Toute cette agitation sur la réforme de l'audio-visuel ressemble plus à une gesticulation qu'à un débat. N'y a-t-il pas d'autres problèmes et de plus graves et urgents dont la solution reste à trouver? La lutte contre le réchauffement climatique ou la crise économique et sociale pour ne citer que ceux-là, Les joueurs de bonneteau faisaient jouer leur "baron" pour "amuser le tapis" pour attirer les badauds avant de "plumer les pigeons".