Avec un bel esprit d'à-propos, Mélenchon tire sur le corbillard de Soljenitsyne en rappelant que l'auteur de l'Archipel du Goulag, du Pavillon des cancéreux ou d'Une journée d'Ivan Denissovitch avait des opinions plutôt à droite.
Rappelons notre côté à l'ami Jean-Luc que ce n'est pas pour ses opinions (quoique certains partagent son point de vue sur le régime stalinien) qu'Alexandre Soljenitsyne a reçu (et très largement mérité) le prix Nobel de littérature et que la confusion entre l'art et la politique ou, pire encore, l'utilisation du dogme politique pour juger de la qualité d'une oeuvre artistique est un des petits travers (voyez comme je suis gentil) des régimes totalitaires.
A l'aune à laquelle Mélenchon mesure le mérite des artistes, qui trouverait grâce à ses yeux parmi (au hasard) Racine, Virgile, Shakespeare, Châteaubriand, Léonard de Vinci, Proust, Balzac, Jules César etc?
Il m'arrive de partager certaines des idées de Mélenchon mais, quand je vois jusqu'où il les pousse, j'ai comme une appréhension et j'ai envie de lui dire, comme Juan-Carlos à Chavez : "Pourquoi tu ne te tais pas?"