La libération d'Ingrid Betancourt, ex-otage franco-colombienne, occupe les ondes et la presse. Pour les médias, c'est un événement majeur et pour les politiques, c'est une occasion en or de faire à nouveau parler d'eux. En or parce qu'elle ne leur coûtait pas cher et qu'elle leur coûte à peine plus. De toutes façons, à cette fête, c'est nous qui payons les violons.
En captivité, elle était un excellent prétexte pour faire étalage de bons sentiments et de compassion pour une compatriote. Elle était alors beaucoup plus "franco" que "colombienne" pour tous ceux qui, chez nous, se préoccupaient de son sort en n'hésitant pas à dramatiser une situation déjà tragique.
On l'a dite très malade, affaiblie et même mourante. Fort heureusement ce n'était pas le cas et beaucoup ont dû être déçus de ne pas la voir descendre sur un brancard de l'avion qui la ramenait vers la liberté. Beaucoup de ceux qui se sont apitoyés ont dû se sentir floués de voir qu'elle était toute pimpante (tant mieux pour elle) et prête à enchaîner les conférences de presse et les discours politiques,
Nombreux étaient ceux (et, à mon avis, c'est loin d'être fini) qui se bousculaient pour être vus, photographiés et filmés à côté d'elle. Pour n'en citer qu'un, on accordera une mention spéciale à Bernard Kouchner qui a devancé tous ses concurrents en accompagnant les enfants et l'ex-mari d'Ingrid dans un avion spécialement affrété et qui a de toute évidence savouré l'occasion qui lui était offerte.
Bien sûr, on a un peu oublié les autre otages, sauf à mentionner qu'il y en avait encore quelques milliers aux mains des FARC. On a aussi oublié ceux qui ont été libérés en même temps qu'Ingrid et qui ont été priés de rester de longues minutes dans l'avion pendant que l'otage-vedette était accueillie avec tous les honneurs officiels et médiatiques. La différence entre les "gens bien" et les autres.
Sarkozy doit piaffer en attendant qu'on la lui amène en France pour, lui aussi, lui donner la réplique dans le show que les communicants de l'Elysée sont certainement en train de lui organiser.
Quand tout sera fini, je ne doute pas (si, je doute, mais ce n'est qu'une façon de parler) je ne doute pas, disais-je que La France, va se préoccuper aussi activement d'un autre otage "franco" lui aussi mais hélas "israélien" et -encore plus hélas!- aux mains du Hamas.