Dans sa chronique du lundi matin sur France-Culture, Corinne Lepage regrette que nous vivions sous le signe de "l'immédiateté", c'est-à-dire que nous consommions et produisions sans tenir compte ni du moyen terme ni du long terme.
Indulgente, elle met cette faute sur le compte de l'imprévoyance, de l'incompétence ou du souci bien compréhensible des politiques pour leur réélection.
Pourquoi "indulgente"? Parce qu'elle feint d'ignorer qu'en adoptant une attitude irresponsable vis-à-vis de l'avenir, ils sont tout à fait conscient de ce qu'ils font. Pour certains, la devise semble être "Profitons-en tant qu'il y en a, il n'y en aura pas pour tout le monde"; pour d'autres "Volons tant qu'il y a quelque chose à voler". Ou pour aborder un sujet d'actualité :"Dépêchons-nous de prendre le dernier thon rouge de Méditerranée avant qu'un autre ne l'attrape".
Le tout immédiatement.
Dans le même ordre d'idées, je me rappelle cette phrase entendue à la radio :"Il n'y a que les économistes pour croire et essayer de nous faire croire que la croissance peut être infinie dans un monde fini".