Les premiers résultats tendent vers la victoire du "Non" en Irlande. Et déjà les commentaires pleuvent sur ces méchants Irlandais. Si on ne les retenait pas, toutes nos excellences seraient partisans de sévères mesures de rétorsion vis-à-vis du peuple irlandais qui n'a pas voulu voter comme on le lui a dit. Et ils seraient vigoureusement soutenus par l'ensemble des médias qu'ils possèdent ou contrôlent.
Rappelons que presque à chaque fois que les peuples européens ont été consultés, ils ont répondu "Non". France et Pays-Bas, bien sûr. Le "presque" concerne l'Espagne qui a répondu "Oui" mais où le taux d'abstention a été très important, la campagne peu informative et où les sondages quelque temps après le vote peuvent se résumer par "On s'est trompés, si on avait su ..." Quant à l'Allemagne dont la constitution interdit le recours au référendum, les sondages disaient au moment du vote français qu'elle aurait dit "Non" elle aussi. Les bavures françaises et néerlandaises ont été, après Lisbonne, sournoisement rattrapées "par voie parlementaire" (cette expression me fait penser à la voie parentérale pour les malades qu'il faut alimenter de force).
Les eurocrates qui exigent de construire une Europe non pas à leur image mais à leur usage mais veulent conserver une apparence de démocratie ne supportent donc pas la contradiction. Pourtant la solution est connue : quand le gouvernement n'a plus la majorité, il peut avoir recours à la dissolution.
Il faut dissoudre l'Irlande!