Les nouvelles qu'on nous donne, ce qu'on peut en faire et en penser sans laisser passer une occasion de ricaner. Et la vie quotidienne, ses hauts et ses bas. Pas vraiment politiquement correct et rarement consensuel.
Qu'est ce que j'apprends? La constitution française "reconnaîtrait les langues régionales"?
"Reconnaîtrait"! Cela veut-il dire qu'auparavant l'Etat français n'admettait pas leur existence? Et qu'il a décidé dans sa très grande bonté de mettre fin à cette absurdité? Merci Vos Excellences!
Et puis "reconnaître" peut se comprendre de deux manières. La manière politico-administrative comme ci-dessus et la manière toute bête que voici :
A quoi reconnaît-on une langue régionale? A ce que ceux qui la parlent roulent des "R"? A ce qu'ils sont habillés comme des ploucs? A ce qu'ils habitent loin de Paris et qu'on va en vacances chez eux pour y trouver de la "couleur locale" et manger des produits "du terroir"?
Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire "reconnaître" une langue régionale"? Le breton, le basque, le corse, par exemple, seront reconnus. Ah bon?
Maintenant, on aura le DROIT de parler corse? Partout ou seulement sur l'île? Ou l'OBLIGATION de le parler dans le cadre de l'opération : "Bonjour les touristes!" et seulement sur l'île pendant la haute saison uniquement?
Si on est arrêté par les f...orces de police en Bretagne, aura-t-on le droit constitutionnel de répondre en catalan ou en alsacien et d'exiger un interprète? Les préfets nommés en Corse devront-ils maîtriser la langue "régionale" avant d'avoir le droit d'incendier des paillottes?
Je sais, il y aura quelques aménagements et je suis prêt à parier que cette reconnaissance créera quelques emplois de fonctionnaires; à condition bien entendu qu'ils ne soient pas tentés par le régionalisme ou, pire encore, par le nationalisme.
Que cette reconnaissance intervienne après de très nombreuses décennies d'une entreprise d'éradication de ces langues appelées (encore aujourd'hui!) avec condescendance "régionales" et de politique de brassage des populations au point que ceux qui parlent leur langue "régionale" sont en minorité dans leur propre pays, semble plus une provocation qu'une concession.
Pourquoi les appeler régionales? Parce que les appeler minoritaires pourrait être considéré comme blessant. Les appeler régionales les réintègre dans le découpage administratif français. les appeler "nationales" serait sans doute aller trop loin.
Si j'ai envie de parler ma langue "régionale", je n'ai pas besoin qu'on m'y autorise, il ne me faut que quelqu'un avec qui la parler.
Cette reconnaissance arrive trop tard. C'est le français qui est en danger et qui se transforme en un "hexagon" (selon la formule de Philippe Meyer), fait de mauvais anglais et de techno-langue. Ce serait déjà beau que nos excellences se bornent à "reconnaître" le français, tâche hélas! largement au-dessus des compétences qu'ils manifestent. Pauvres gens! Ils sont plus à plaindre qu'à blâmer.
Gagnez du temps: enseignez l'anglais à vos enfants. Le français, c'est fichu.
P.S. Frédéric Mistral qui a obtenu le prix Nobel de littérature en 1904 écrivait en provençal. Saluons son exploit accompli cent quatre ans avant que cette langue "régionale" ne soit "reconnue".