Les nouvelles qu'on nous donne, ce qu'on peut en faire et en penser sans laisser passer une occasion de ricaner. Et la vie quotidienne, ses hauts et ses bas. Pas vraiment politiquement correct et rarement consensuel.
J'ai l'impression de travailler chez France-Télécom!
Ce n'est pas une boutade: je parle sérieusement!
Je suis moralement harcelé par une hiérarchie qui se réfugie dans un anonymat impénétrable et qui quotidiennement me répète que, non seulement je ne m'améliore pas mais qu'elle est de moins en moins satisfaite de mon travail.
Je suis au bord de la dépression. A l'extrême bord.
Pourtant, les objectifs et les méthodes de travail qui m'ont été communiqués lorsque j'ai intégré l'entreprise, je les ai toujours respectés et continue de le faire à la lettre.
Depuis deux ans, je fais de mon mieux. Mes absences ont été très rares et toujours parfaitement justifiées, ma production a été régulière et quotidienne, mes clients sont de plus en plus nombreux et contents. Mieux encore: le nombre de ceux qui ont demandé une carte de fidélité est en hausse. Aux rares qui ont exprimé des réserves, en application de la charte du SAV, j'ai toujours répondu rapidement et avec courtoisie.
Alors, je ne comprends pas.
Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi? Ce mot me taraude en permanence et j'ai de plus en plus de mal à me concentrer sur mon travail. C'est un cercle vicieux, plus: une spirale descendante dans laquelle je suis prisonnier.
Essaie-t-on de me pousser au départ? Je m'attends à ce qu'on me dise à moi aussi: "It's time to move".
Travailler avec cette épée de Damoclès au dessus de la tête devient insupportable. Ma santé s'en ressent. Ma vie personnelle en est affectée. Mon entourage s'inquiète.
Mais qu'est-ce que j'ai fait de mal? Qu'est-ce qu'on me reproche. Je veux au moins qu'on m'explique.
Qu'on m'explique pourquoi, tous les matins, dès mon arrivée au bureau, à peine ai-je allumé mon ordinateur, je vois s'afficher sur mon écran ce message de la direction: "Vous n'êtes pas dans le top des blogs".
Autant dire: "Vous êtes mal vu, vous n'êtes pas un bon élément, vous n'avez pas su vous intégrer, vous n'avez pas su évoluer mais peut-être en êtes-vous incapable?".
Pourquoi mon blog-rank (encore du vocabulaire managerial auquel je ne comprends rien!) baisse lentement et régulièrement sans que je puisse en deviner la raison.
Y aurait-il un rapport avec mon refus de souscrire malgré de nombreuses sollicitations, à l'offre premium et avec mon manque d'intérêt pour la publicité et les droits d'auteur que, paraît-il, elle génère? Ou mon opposition à FaceBook?
Je sens que je vais craquer. Je sens que je craque.
Au secours!